L'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a publié jeudi un rapport indiquant qu'elle n'a pas « identifié d'obstacles à la poursuite de fonctionnement des réacteurs au-delà des 60 ans ». Cette annonce intervient alors que les centrales nucléaires produisent environ 68 % du mix énergétique français et que leur durée de vie fait l'objet de nombreuses interrogations.
Une durée de vie initiale de 40 ans, une prolongation envisagée jusqu'à 60 ans
En France, il n'existe pas de « durée fixe » pour les réacteurs nucléaires, mais ils ont été conçus à l'origine pour fonctionner pendant 40 ans. EDF et l'État poussent pour prolonger leur durée de vie jusqu'à 50, voire 60 ans. Le rapport de l'ASNR, présenté devant l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), constitue une étape importante dans ce processus.
Son président Pierre-Marie Abadie précise toutefois que des travaux d'études doivent se poursuivre pour conforter les conclusions actuelles. « Plusieurs sujets techniques nécessitent encore des travaux conséquents de la part d'EDF afin de confirmer l'efficacité de ces leviers pour ensuite les intégrer le moment venu dans la démonstration de sûreté qui sera soumise au réexamen » lorsque les réacteurs auront atteint 60 ans, a-t-il ajouté.
Un projet d'avis soumis à consultation publique
L'ASNR a élaboré un projet d'avis relatif à la prolongation de la durée de fonctionnement des réacteurs nucléaires. Ce projet est soumis à consultation du public jusqu'au 2 décembre, après quoi l'ASNR rendra son avis définitif. Cette échéance est vivement attendue par l'électricien public EDF.
Les 56 réacteurs mis en service dans les années 1980 l'ont été sur une période d'une quinzaine d'années. En l'absence de prolongation, cela pourrait conduire à leur arrêt définitif dans un laps de temps relativement court.
Une démarche d'anticipation, pas une autorisation anticipée
Pierre-Marie Abadie a précisé qu'il s'agit d'« une démarche d'anticipation qui consiste à regarder dès maintenant ce qui se passera à l'horizon des 60 ans des réacteurs ». En revanche, ce « n'est pas un réexamen anticipé des 60 ans » qui arriveront vers 2030-2040. « Ce n'est pas une autorisation de prolongation anticipée », a-t-il insisté.
Le rapport de l'ASNR constitue une base de travail pour les prochaines étapes, mais les travaux d'EDF devront confirmer l'efficacité des leviers techniques identifiés avant que la démonstration de sûreté ne soit soumise au réexamen.