La centrale nucléaire de Gravelines, dans le Nord, a dû mettre à l'arrêt trois de ses six réacteurs en raison d'une invasion de méduses. Les cnidaires ont obstrué les canaux de refroidissement, contraignant EDF à réduire la production. L'exploitant a activé son plan de gestion des risques liés aux méduses, une procédure rodée sur ce site côtier.
Une obstruction des circuits de refroidissement
Selon EDF, les méduses se sont massivement accumulées dans les filtres des pompes d'alimentation en eau de mer, diminuant le débit nécessaire au refroidissement des installations. Cette situation a conduit à l'arrêt automatique de trois réacteurs, par mesure de sécurité. La centrale de Gravelines, qui produit environ 6 % de l'électricité française, a vu sa production chuter temporairement.
Les équipes techniques sont mobilisées pour nettoyer les grilles et rétablir un fonctionnement normal. EDF précise que ce type d'incident, bien que rare, est connu dans les centrales côtières. Il s'était déjà produit à Gravelines en 2019, mais aussi sur d'autres sites comme Flamanville ou Paluel.
Un plan de gestion des risques rodé
L'exploitant a immédiatement déployé son « plan méduses », qui comprend l'utilisation de filets de protection, l'augmentation de la surveillance et le nettoyage régulier des canalisations. Ce plan a été élaboré après les précédents incidents et permet de limiter l'impact sur la production. EDF assure qu'aucun risque pour la sécurité des installations et du personnel n'est à déplorer.
La préfecture du Nord a été informée de la situation, conformément à la réglementation. Les autorités locales suivent l'évolution, tandis que les associations environnementales s'inquiètent de l'impact de ces arrêts sur la production d'électricité, alors que le réseau national doit faire face à une demande soutenue.
Un phénomène naturel amplifié par le réchauffement
Les scientifiques expliquent que les proliférations de méduses sont favorisées par la hausse de la température de l'eau et la surpêche de leurs prédateurs naturels. La mer du Nord, où se situe Gravelines, connaît des épisodes de plus en plus fréquents. EDF étudie des solutions à long terme, comme l'installation de dispositifs de dissuasion acoustique ou le développement de capteurs prédictifs.
En attendant, la centrale fonctionne avec trois réacteurs, et EDF espère un retour à la normale dans les prochains jours. L'entreprise précise que la production pourra être compensée par les autres centrales françaises, mais que la vigilance reste de mise. La situation est suivie de près par le gestionnaire du réseau électrique, RTE.



