Le Parlement libanais a voté, mardi 11 août 2026, l'abolition de la peine de mort, devenant ainsi le premier pays du Moyen-Orient à franchir ce pas. La loi, adoptée à une large majorité, abolit la peine capitale pour tous les crimes, y compris les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité. Cette décision historique a été saluée par les organisations de défense des droits humains, qui y voient une avancée majeure dans la région.
Une décision historique et symbolique
Le vote a eu lieu après un débat de plusieurs heures, marqué par des interventions passionnées des députés. La loi a été adoptée par 87 voix pour, 12 contre et 5 abstentions, sur les 104 députés présents. Le texte remplace la peine de mort par la réclusion à perpétuité, avec possibilité de libération conditionnelle après 25 ans de détention. Selon le ministre de la Justice, Georges Chidiac, cette réforme répond à une « exigence morale et juridique » et s'inscrit dans le processus de modernisation du pays.
Un long combat des associations
Les associations de défense des droits humains, comme Amnesty International et la Ligue libanaise des droits de l'homme, ont mené une campagne de longue haleine pour obtenir cette abolition. Elles ont notamment mis en avant les risques d'erreurs judiciaires, les conditions de détention inhumaines et le caractère irréversible de la peine. Selon un rapport de la Ligue libanaise des droits de l'homme, 87 personnes étaient actuellement condamnées à mort au Liban, dont 12 femmes. Ces condamnations seront automatiquement commuées en peine de réclusion à perpétuité.
Une première au Moyen-Orient
Le Liban devient ainsi le premier pays du Moyen-Orient à abolir la peine de mort. Cette décision pourrait avoir un effet d'entraînement dans la région, où de nombreux pays appliquent encore la peine capitale. Selon l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), 22 pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord pratiquent la peine de mort, et 15 l'ont appliquée en 2025. Le Liban, qui n'avait pas exécuté de prisonnier depuis 2004, avait déjà un moratoire de facto sur les exécutions. Cette abolition définitive renforce le statut du pays comme un îlot de libertés dans une région en proie à des tensions.
La loi entrera en vigueur après sa publication au Journal officiel, prévue dans les prochaines semaines. Les condamnés à mort verront leur peine commuée automatiquement. Le gouvernement libanais a également annoncé la création d'une commission chargée de suivre l'application de la loi et de proposer des réformes du système pénitentiaire. Cette décision est un signal fort envoyé à la communauté internationale, alors que le Liban traverse une crise économique et politique profonde.



