Jeune fiché S interpellé à Nice avec des munitions
Jeune fiché S interpellé à Nice avec des munitions

Un jeune homme de 18 ans, fiché S et au profil jugé « très inquiétant », a été interpellé dans la nuit du 6 août à Nice, en possession de munitions. Il a été placé en détention provisoire et sera jugé en septembre prochain par le tribunal correctionnel de Nice.

Un contrôle routier qui révèle un profil radicalisé

Les faits se déroulent boulevard Virgile-Barel à Nice, vers 22 h 25, lorsqu'un équipage de police contrôle une Renault Clio blanche louée, circulant sans feux de croisement. Au volant, un jeune homme de 18 ans, domicilié à Antibes, accompagné d'un passager. Le conducteur est fiché S, un signalement qui, selon un habitué de ce type de dossiers, correspond à un profil « +++ ».

Depuis le 18 juin 2026, une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance, prise par le ministre de l'Intérieur, lui impose de rester dans un périmètre déterminé autour d'Antibes. Lors du contrôle, il décline une fausse identité, mais les enquêteurs retrouvent sur lui une carte bancaire permettant d'établir sa véritable identité. Dans une sacoche située à proximité, les policiers découvrent des munitions relevant des catégories C et D. Le jeune conducteur affirme que son passager les aurait placées là à son insu, et explique être venu manger au KFC, malgré l'interdiction de quitter Antibes.

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Un suivi administratif et des signaux inquiétants

Né en 2007, de nationalité française et étudiant, le jeune homme faisait l'objet d'une mesure administrative de surveillance, avec l'obligation de pointer quotidiennement. Le 18 juin dernier, le ministère de l'Intérieur avait présenté des éléments très inquiétants à son sujet. En mars 2025, il avait rejoint une chaîne de diffusion WhatsApp présentée comme pro-djihadiste, fréquentée notamment par des membres de l'entourage d'Omar Diaby, djihadiste niçois ayant enrôlé de nombreux jeunes des quartiers Est de Nice.

Son compte Telegram affichait une photographie représentant un homme manipulant un pistolet-mitrailleur, avec la mention « Un Jour Tous Se Paye ». Dans des conversations privées sur TikTok, il échangeait des contenus radicaux, se disait favorable à l'application de la charia et présentait la religion musulmane comme un combat contre les « kuffars » (mécréants). Il ne cachait pas son admiration pour plusieurs figures du djihadisme, dont Oussama Ben Laden, Anwar Al-Awlaqi, ancien leader des opérations terroristes extérieures d'Al Qaida, et les frères Kouachi, auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo, dont il aurait légitimé l'attaque de janvier 2015.

Des vidéos d'exécution et des antécédents judiciaires

Selon nos informations, il aurait reconnu avoir visionné une cinquantaine de vidéos d'exécution à la suite des attaques du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël. Une source proche du dossier affirme qu'il a adopté la taqiya, une technique prônée par Al Qaida et Daech, qui consiste à dissimuler ses convictions pour passer sous les radars de la police et de l'anti-terrorisme. Il aurait également consulté des sites internet d'armurerie et téléchargé une vidéo sur la manipulation d'une arme automatique.

À ce profil s'ajoute une condamnation du 29 juin dernier : le tribunal correctionnel de Grasse lui a infligé deux ans d'emprisonnement, dont un an assorti d'un sursis probatoire, pour des violences volontaires commises en raison de la race, de l'ethnie ou de la religion, après qu'il s'en est pris à une personne de confession juive. Un bracelet électronique devait lui être posé le 17 août.

Détention provisoire en attendant le procès

Après son interpellation du 6 août, le jeune homme a été présenté au juge des libertés et de la détention, qui a initialement estimé qu'il pouvait être remis en liberté sous contrôle judiciaire, contrairement aux réquisitions du parquet. Il s'est finalement présenté lundi à l'audience du tribunal correctionnel de Nice, présidée par Isabelle Demarbaix-Joando. Son avocat a sollicité un délai pour préparer sa défense, demande accordée par le tribunal. Il sera jugé en septembre, et dans l'attente, il a été placé en détention provisoire.

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