Le restaurant Le Montagnard, situé à la station L'Audibergue d'Andon, dans le haut pays de Grasse, a servi ses derniers repas ce lundi 28 septembre 2026. Après dix ans d'activité, Nicolas et Hélène Blanchemanche, accompagnés de leur fille Anaïs, ont fermé définitivement l'établissement, laissant derrière eux une clientèle fidèle et une réputation bien établie.
Une décennie de succès culinaire
En dix ans, ce « refuge gourmand » s'était forgé une solide réputation grâce à une cuisine goûteuse et authentique. Le chef Nicolas Blanchemanche, fort de sa formation de boucher, proposait des viandes du Larzac, notamment de l'entrecôte, de la bavette, ainsi qu'un steak montagnard de sa création (bœuf, lard, épices échalote, avec une coulée de fromage raclette), accompagnés de frites ou ratatouille maison. Le tout était servi dans une salle intérieure refaite à leur goût.
« J'ai toujours veillé à la qualité des produits, avec beaucoup de rigueur, et lorsque j'entends des clients me dire, des tartares comme ça, on n'en mange plus ailleurs, c'est ma récompense », a confié Nicolas Blanchemanche, qui a également souligné l'importance de sa grand-mère Renée dans son apprentissage : « Ce n'est pas de la haute gastronomie, mais c'est ma grand-mère Renée qui m'a tout appris. »
Le pari risqué d'un restaurant à l'année
L'aventure avait commencé il y a dix ans, lorsque le couple a repris l'ancien Chez Charly, un snack saisonnier avec de la vaisselle jetable en plastique, de grandes tables et de grands bancs. « Nous, on a fait le pari de créer un vrai restaurant, ouvert à l'année. Fallait être fou, à plus de 50 ans ! », s'est rappelé Nicolas. Ce pari s'est révélé gagnant, avec un carton plein de soixante-dix couverts aux plus beaux jours du printemps ou de l'été.
La réputation de l'établissement s'est construite grâce aux bons avis sur les réseaux sociaux. « On accueillait aussi bien les randonneurs, les motards ou les groupes de voitures anciennes, que la clientèle locale en semaine ou ceux d'en bas qui montaient parfois de Monaco ou Fréjus durant le week-end », ont expliqué les propriétaires. Même pendant la crise Covid en 2020, Le Montagnard est resté ouvert pour la vente à emporter, avec une file d'attente sur le parking à l'heure du déjeuner.
Une retraite bien méritée et un avenir incertain
La décision de fermer a été motivée par plusieurs facteurs. « Ça fait déjà deux ans que j'ai tous mes trimestres, et après le décès de nos mamans respectives, il est temps que l'on s'occupe de nos papas vieillissants », a confié Nicolas. Le couple prévoit de repartir vers Montpellier (Hérault), mais non sans une certaine nostalgie. « Le retour à la civilisation ne va pas être facile, car ici, on était en phase avec la nature », a ajouté Hélène, qui gérait la comptabilité. « Regarder la mer au loin avec les pieds dans la neige, c'était quand même magique ! »
Pour l'instant, aucun repreneur ne s'est déclaré, ni pour les murs, ni pour le fonds de commerce. « Ça me donne un petit pincement au cœur, car j'aurais bien aimé former quelqu'un, même si chaque chef apporte sa touche », a soufflé Nicolas, restaurateur de la troisième génération. Ce lundi 28 septembre, l'émotion était palpable. « Je ne ferai pas de discours, mais je vais sans doute verser ma larme », a-t-il confié, alors que ses assiettes ont toujours parlé pour lui. Cette fermeture marque une nouvelle page dans la petite station de sports d'hiver, après celle du Christiana tenu par Huguette l'an dernier.