Le président américain lance une offensive contre les cartels lors d'un sommet en Floride
Le président américain Donald Trump a accueilli samedi en Floride plusieurs dirigeants latino-américains pour lancer officiellement une nouvelle coalition régionale contre les cartels de la drogue. Lors de ce sommet baptisé "Bouclier des Amériques", organisé dans son complexe de golf Trump National Doral à Miami, l'hôte de la Maison Blanche a adopté un ton particulièrement dédaigneux envers ses partenaires régionaux.
Une proclamation et des propos controversés
Donald Trump a signé une proclamation officialisant cette coalition qui réunit douze pays d'Amérique latine et des Caraïbes, dont l'Argentine avec son président Javier Milei et le Salvador représenté par Nayib Bukele. Dans un discours de plus de trente minutes, le milliardaire américain a accusé les gouvernements de la région d'avoir laissé "de vastes portions de territoire de l'hémisphère occidental tomber sous le contrôle direct de gangs transnationaux".
Le président américain a même plaisanté sur le fait qu'il n'avait pas le temps d'apprendre les langues de ses homologues, tout en présentant cette initiative comme une campagne offensive destinée à "éradiquer les cartels criminels qui infestent notre région".
Menaces de frappes ciblées et cibles politiques
Donald Trump a laissé entendre que Washington pourrait recourir à des frappes ciblées contre les chefs de cartels si ses partenaires en faisaient la demande. "Nous utiliserons des missiles. Vous voulez qu'on utilise un missile ?", a-t-il lancé en évoquant la criminalité organisée, ajoutant que ces armes étaient "extrêmement précises".
Le président américain a également multiplié les déclarations offensives concernant Cuba, affirmant que le régime communiste "vivait ses derniers moments". Il a répété que des responsables cubains étaient déjà en discussion avec lui et avec le secrétaire d'État Marco Rubio.
Une coalition d'alliés régionaux
Parmi les participants à ce sommet figuraient plusieurs dirigeants partageant la vision intransigeante de Donald Trump sur la criminalité et l'immigration :
- Le président argentin Javier Milei
- Le président élu du Chili José Antonio Kast
- Le président salvadorien Nayib Bukele, dont la répression des gangs est devenue un modèle pour certaines parties de la droite latino-américaine
- Le président hondurien Nasry Asfura
- Le président équatorien Daniel Noboa
Nombre de ces dirigeants privilégient la répression aux solutions sociales et le secteur privé à l'État, témoignant d'un virage à droite plus général dans certaines régions d'Amérique latine.
Contexte géopolitique plus large
Au-delà de la lutte contre le narcotrafic, cette initiative s'inscrit dans un contexte de rivalité géopolitique avec la Chine. Sans mentionner directement Pékin, Donald Trump a averti que les États-Unis ne permettraient pas à une "influence étrangère hostile" de s'implanter dans l'hémisphère occidental, évoquant notamment l'importance stratégique du canal de Panama.
Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Amérique latine ont atteint environ 518 milliards de dollars en 2024, tandis que Pékin a accordé plus de 120 milliards de dollars de prêts aux gouvernements de la région, selon les données du Centre d'études stratégiques et internationales.
L'influence croissante de la Chine - des installations de suivi par satellite en Argentine au port péruvien soutenu par la Chine en passant par le soutien économique au Venezuela - inquiète depuis longtemps les responsables américains. En réponse, l'administration Trump fait pression sur les gouvernements de toute la région pour limiter le rôle de Pékin dans les ports, les projets énergétiques et autres infrastructures stratégiques.
Cet événement a également permis à Donald Trump d'afficher sa fermeté au niveau national, alors que les tensions avec l'Iran s'intensifient et menacent de faire grimper les prix mondiaux du pétrole et du gaz. Plus tôt dans la journée, le président américain avait déclaré que l'Iran serait "durement touché" samedi et qu'il envisageait d'étendre les zones et les groupes de personnes visés, sans fournir de détails supplémentaires.



