Le ministre délégué à la Sécurité du quotidien, Laurent Nuñez, a dressé un bilan alarmant des incendies en France lors d'une conférence de presse tenue ce lundi 26 juillet 2026. Depuis le 1er janvier, ce sont 115 000 hectares qui ont été ravagés par les flammes, un chiffre sans précédent à cette période de l'année. « Nous faisons face à une situation inédite, avec une surface brûlée équivalente à celle d'un département comme l'Isère », a-t-il déclaré.
Un démarrage précoce et violent des feux
Cette année se distingue par un démarrage précoce de la saison des incendies. Dès le mois de mars, plusieurs départs de feu ont été signalés dans le sud-ouest et le sud-est du pays, alors que les seuils de sécheresse étaient déjà atteints. Les mois d'avril et mai ont connu une recrudescence des incendies, en particulier en Gironde, dans les Alpes-Maritimes et en Corse. Selon les données de la sécurité civile, 45 000 hectares ont brûlé rien qu'au mois de mai, un record historique pour ce mois.
Les causes multiples des incendies
Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Le changement climatique se traduit par des températures plus élevées et une sécheresse des sols plus marquée. « Les épisodes de canicule se succèdent, avec des températures qui dépassent régulièrement les 40°C dans le sud, ce qui assèche la végétation et la rend inflammable », explique un porte-parole de Météo-France. À cela s'ajoute une moindre pluviométrie, avec un déficit de précipitations de 30 % par rapport à la moyenne sur les six premiers mois de l'année.
Les activités humaines restent la cause principale des départs de feu : 9 incendies sur 10 sont d'origine humaine (mégots, feux de jardin, travaux, etc.). Laurent Nuñez a rappelé l'importance de la vigilance : « Chaque geste compte. Un simple mégot peut provoquer un incendie dévastateur. »
Des moyens mobilisés sans précédent
Face à cette situation, les autorités ont déployé des moyens exceptionnels. Plus de 3 000 sapeurs-pompiers sont mobilisés quotidiennement, appuyés par 500 véhicules et une vingtaine d'avions bombardiers d'eau. Des renforts sont venus de toute la France, ainsi que de l'étranger via le mécanisme européen de protection civile. La sécurité civile a également eu recours à des drones pour surveiller les zones sensibles et détecter les départs de feu au plus tôt.
Des conséquences environnementales et économiques lourdes
Les incendies ont déjà causé des dégâts considérables. Outre les surfaces brûlées, ce sont des habitats naturels qui sont détruits, mettant en péril la biodiversité. Selon l'Office national des forêts, 35 % des zones incendiées étaient des forêts anciennes, ce qui nécessitera des décennies pour leur régénération. Les pertes économiques sont également importantes : filière bois, élevage, tourisme. Les assureurs estiment déjà le coût des sinistres à plus de 500 millions d'euros.
La réponse des pouvoirs publics
Le gouvernement a annoncé un plan d'action renforcé pour les mois à venir. Un fonds d'urgence de 100 millions d'euros a été débloqué pour soutenir les communes touchées et les forestiers. Une campagne de sensibilisation, « Mon geste pour la forêt », sera lancée à la rentrée. Par ailleurs, une réflexion est engagée sur l'interdiction des feux d'artifice dans les zones à risque pendant l'été, proposition soutenue par plusieurs associations environnementales.
Laurent Nuñez a conclu son intervention en appelant à la responsabilité collective : « L'été n'est pas fini. Nous devons rester extrêmement vigilants pour éviter de nouveaux drames. La lutte contre les incendies est l'affaire de tous. »



