Menaces de destruction et incohérences diplomatiques : les appels à destituer Trump via le 25e amendement se multiplient
Entre menaces de destruction totale et incohérences diplomatiques, les appels à invoquer le 25e amendement contre le président Donald Trump se multiplient aux États-Unis, créant une tempête politique sans précédent. Revue de presse outre-atlantique révèle une charge d'une rare violence symbolique et des divisions profondes au sein de la classe politique américaine.
Une charge violente de l'ancien directeur de la CIA
Samedi 11 avril, John Brennan, ancien directeur de la CIA entre 2013 et 2017, a publiquement qualifié le président Donald Trump de « clairement déséquilibré » lors d'une interview sur MS Now. Pour l'ex-patron du renseignement américain, le locataire de la Maison-Blanche fait preuve d'une « incompétence flagrante » et d'une « mégalomanie » qui mettent en péril la sécurité nationale, particulièrement en sa qualité de commandant en chef des forces armées.
Le point de rupture semble être la gestion de la crise avec Téhéran. Brennan fustige les justifications « évasives » de l'entrée en guerre, rappelant que la communauté du renseignement n'avait jamais identifié l'Iran comme une menace nucléaire imminente. Cette critique acerbe s'ajoute à un sentiment de dérive partagé par une frange croissante de la classe politique américaine.
La mobilisation des élus démocrates et le basculement d'anciens alliés
Selon NBC News, plus de 70 élus démocrates appellent désormais à une destitution du président. Le sénateur Chris Murphy du Connecticut a notamment réagi sur X (anciennement Twitter) en affirmant qu'« aucun président sain d'esprit ne promettrait d'anéantir une civilisation entière », en référence aux récentes menaces de Trump contre l'Iran.
Mais le plus frappant reste le basculement d'anciens alliés. Selon le New York Times, des figures de la droite radicale comme Marjorie Taylor Greene ou le complotiste Alex Jones ont exprimé des doutes sur la lucidité du président, ce dernier évoquant un cerveau qui ne « fonctionne pas très bien ». Cette défection d'une partie de sa base traditionnelle marque un tournant significatif dans le paysage politique américain.
Les mécanismes constitutionnels : impeachment contre 25e amendement
Face à cette instabilité perçue, deux mécanismes constitutionnels sont régulièrement évoqués pour destituer le président :
- L'Impeachment (Article II) : C'est la procédure classique pour « trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs ». Donald Trump l'a déjà subie deux fois lors de son premier mandat. Cependant, de nouveaux documents déclassifiés par la directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, et relayés par Fox News, jettent une ombre sur la première procédure de 2019, suggérant une coordination préalable entre le lanceur d'alerte et les élus démocrates.
- Le 25e amendement (Section 4) : C'est le cœur des revendications actuelles. Ratifié en 1967 après l'assassinat de JFK, il permet d'écarter un président jugé « incapable d'exercer les pouvoirs et fonctions de sa charge ». Jamais la section 4 du 25e amendement n'a été utilisée pour destituer un président contre son gré.
Comme le souligne le Daily Wire, ce mécanisme n'est pas un outil politique pour sanctionner un comportement erratique, mais une procédure d'urgence en cas d'incapacité physique ou mentale majeure. La distinction entre incompétence politique et incapacité médicale reste au centre des débats constitutionnels.
Le mur de la réalité politique et l'opinion publique
La probabilité d'une telle éviction reste, à ce jour, quasi nulle. Pour activer le 25e amendement, il faudrait que le vice-président, J.D. Vance, et une majorité du Cabinet signent une déclaration d'incapacité. Or, la loyauté de Vance envers Trump demeure inébranlable. De plus, si le président conteste cette décision, une majorité des deux tiers dans les deux chambres du Congrès est requise pour confirmer sa destitution.
Alors que Donald Trump approche de ses 80 ans, 61 % des Américains le jugent plus erratique avec l'âge selon un sondage Reuters/Ipsos. Pourtant, derrière ce que les détracteurs appellent une « psychose », ses partisans voient une stratégie de pression maximale. « Trump sait exactement ce qu'il fait », affirme la chroniqueuse Liz Peek dans une tribune publiée dans The Hill.
Entre le « génie très stable » et le « fou » de la théorie de Nixon, l'Amérique de 2026 navigue en eaux troubles, tiraillée entre des appels croissants à la destitution et les réalités constitutionnelles qui rendent une telle issue improbable à court terme. La crise politique s'intensifie alors que les menaces internationales persistent, créant un climat d'incertitude sans précédent dans la politique étrangère américaine.



