Depuis six jours et six nuits, un vaste incendie ravage la commune de Pontevès, dans le Var. Le feu, qui s'est déclaré le mardi 21 juillet 2026, a déjà parcouru 4500 hectares. Face à ce sinistre, une véritable armée de sapeurs-pompiers, de sapeurs-sauveteurs du 7e Régiment d'instruction et d'intervention de la Sécurité civile (RIISC), d'élus et de bénévoles des Comités communaux feu de forêt et de la réserve communale de la Sécurité civile sont mobilisées sans relâche.
Un marathon de tous les instants
Le maire de Pontevès, Frank Panizzi, présent chaque matin au poste de commandement, témoigne de la détermination de tous : « On oublie tout quand vous êtes avec des personnes qui se donnent. Il y a de l'humain, ici. » Il souligne que chaque soir, les habitants préparent près de 1400 repas pour les forces engagées. La fatigue est immense, mais la motivation reste intacte. « Parce qu'il faut », répètent-ils en chœur.
Sur la route entre Châteauvert et le domaine Miraval, une équipe de sapeurs-pompiers de Toulon prend une pause avant de repartir au front. « Le moral est bon, même si on n'a jamais vu un chantier pareil. On ne l'arrêtera pas aujourd'hui », confie un pompier toulonnais en observant la colline noircie. La reconnaissance des habitants est leur carburant : « Quand on a fini de travailler et qu'on nous amène à boire et à manger, ça fait du bien. »
Sapeurs-sauveteurs : un engagement sans faille
Les sapeurs-sauveteurs du 7e RIISC de Brignoles, spécialement entraînés, interviennent en lisière du feu. Le caporal Adam, sapeur-sauveteur depuis quatre ans, décrit les conditions extrêmes : le sol est noir et fumant, la température dépasse les 50 degrés. « Il y a beaucoup de reprises de feu. On est toujours à courir à gauche à droite. C'est fatigant, c'est sûr, mais c'est pour cela qu'on s'est engagé. » Il ajoute que sauver une maison est une véritable victoire.
Les équipes se relaient sans cesse. L'adjudant-chef Cédric Castelnau souligne l'entraide entre les régions : « Il y a une bonne entente. Le moral est bon pour tout le monde. Bien sûr l'effort physique est important, mais la reconnaissance de la population nous apporte beaucoup de réconfort. Un soir, des gens sont venus avec du riz et de la ratatouille, ils ont installé une table. Cela nous touche vraiment. »
Les bénévoles, maillons essentiels
Les bénévoles de l'association RCSC-CCFF (Réserve communale de Sécurité civile et Comité communal feux de forêts) organisent des patrouilles par deux sur les zones stratégiques pour guider les pompiers et donner l'alerte. Pour eux, chaque grand feu est un désastre écologique et une source de détresse pour les habitants qui perdent leur maison, « souvent toute une vie ». Eux aussi vivent loin de leur famille depuis six jours, mais la solidarité les porte.
Des renforts attendus
Une colonne du SDIS 60 vient d'arriver, avec près de 70 pompiers qui prendront la relève cette nuit. Le feu, qualifié de « marathon », pourrait encore durer plusieurs jours. Les hélicoptères bombardiers d'eau ont effectué de nombreux largages, notamment entre Châteauvert et Correns, où le feu a repris. Malgré les quelques gouttes d'orage de la veille, l'atmosphère reste sèche et difficile.
Frank Panizzi résume l'état d'esprit général : « Parce qu'il faut. » Une phrase qui résonne comme un leitmotiv chez tous ceux qui luttent sans compter, portés par la reconnaissance et le soutien de la population. La lutte continue.



