Policiers azuréens : deux mobilisations syndicales pour plus de moyens
Policiers azuréens : deux mobilisations pour plus de moyens

Ce mardi 15 septembre, les policiers des Alpes-Maritimes expriment leur colère sur deux fronts distincts. Une centaine d'agents du syndicat Alliance ont rejoint la manifestation nationale à Paris, tandis que le syndicat Un1té a organisé son propre rassemblement devant la caserne Auvare à Nice et devant d'autres commissariats du département. Les deux mobilisations traduisent un malaise profond, alimenté par des revendications salariales et un manque de moyens.

Alliance à Paris : une centaine d'agents azuréens dans le cortège

Les policiers d'Alliance ont pris le train aux alentours de 5 heures pour rejoindre le cortège parisien, prévu entre les Champs-Élysées et l'Assemblée nationale. Selon Jean-Luc Bragato, d'Alliance Police nationale, ils sont « entre 97 et 100 policiers des Alpes-Maritimes, avec également une trentaine de collègues du Var ». Le syndicaliste souligne la motivation des troupes : « Les collègues sont motivés. On sent qu'ils ont envie de faire valoir leur parole et de la faire entendre à Paris. »

Le maire de Nice et président de l'UDR, Éric Ciotti, a rejoint la manifestation parisienne aux côtés du syndicat Alliance. Le syndicat réclame notamment davantage de moyens et des mesures salariales. La question de l'indemnité de sujétions spéciales de police (ISSP), non revalorisée depuis 2019, figure parmi les sujets de crispation. Les syndicats contestent également plusieurs décisions concernant les carrières et les rémunérations.

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Un1té à Nice : un rassemblement devant la caserne Auvare

À midi, les agents du syndicat Un1té se sont rassemblés devant la caserne Auvare à Nice et devant des commissariats des Alpes-Maritimes. Pour Laurent Martin de Frémont, représentant d'Un1té, pas question de rejoindre le mouvement parisien. En cause, une commission qui s'est tenue le 2 juin et au cours de laquelle, selon lui, le corps de conception et de direction de la police nationale a obtenu une revalorisation. « 1 350 euros pour les commissaires de police, c'est non », martèle-t-il, refusant toute « lutte des classes » mais réclamant davantage pour les gardiens de la paix, policiers adjoints et personnels administratifs, techniques et scientifiques.

Il va jusqu'à qualifier ces personnels de terrain de « gueux de la police nationale », estimant que « ceux qui sont en première ligne » ne bénéficient pas des mêmes revalorisations. Les deux syndicats s'accusent mutuellement d'avoir favorisé cette augmentation.

Un malaise profond au-delà des salaires

La question salariale n'est que l'étincelle d'une colère plus profonde. Les syndicats estiment qu'il manque des centaines de policiers dans les Alpes-Maritimes. S'y ajoutent les difficultés de la filière investigation, son manque d'attractivité et l'attente de nouveaux cycles et régimes horaires. « On a des collègues qui sont particulièrement frustrés, des collègues qui sont au bout du rouleau, qui n'en peuvent plus », assure Laurent Martin de Frémont.

Alliance entend également mettre en avant la situation particulière des Alpes-Maritimes. « Il faut que le policier se sente soutenu et puisse travailler dans de bonnes conditions », plaide Jean-Luc Bragato, qui évoque des fonctionnaires « en grande difficulté » et un profond malaise au sein des services azuréens. « Les grandes décisions se prennent à Paris, donc c'est à Paris qu'il faut être », insiste-t-il, ajoutant : « Se contenter de faire des rassemblements devant les commissariats, on l'a fait pendant des années. »

Cette mobilisation en ordre dispersé intervient à quelques mois des élections professionnelles dans la police nationale, scrutin particulièrement disputé entre organisations syndicales. Les deux syndicats s'accusent mutuellement d'avoir favorisé l'augmentation des commissaires, tandis que les agents de terrain attendent des réponses concrètes.

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