Des composants électroniques d'origine chinoise, susceptibles de transmettre des données de localisation, ont été découverts à bord de drones navals de la Royal Navy, selon des informations révélées par le journal The Times. Cette découverte intervient alors que le Royaume-Uni renforce sa posture de défense en mer du Nord, dans un contexte de tensions accrues avec la Chine.
Des puces GPS chinoises dans les drones
Les drones concernés, utilisés pour des missions de surveillance et de reconnaissance, intègrent des puces GPS fabriquées par une entreprise chinoise. Ces puces, bien que non spécifiquement conçues pour espionner, pourraient potentiellement transmettre des données de position à des serveurs situés en Chine, selon des experts en cybersécurité.
Le ministère de la Défense britannique a confirmé qu'une enquête était en cours. « Nous prenons très au sérieux la sécurité de nos équipements et nous avons immédiatement lancé une évaluation approfondie de la chaîne d'approvisionnement », a déclaré un porte-parole. Il a ajouté que des mesures correctives seraient prises si nécessaire.
Une faille dans la chaîne d'approvisionnement
Cette affaire met en lumière les risques liés à la dépendance aux composants électroniques étrangers, en particulier dans le domaine de la défense. Selon une étude récente, environ 80 % des composants électroniques utilisés dans les équipements militaires occidentaux proviennent de fournisseurs asiatiques, dont une part significative de Chine.
Des experts soulignent que même si les puces ne sont pas conçues pour espionner, leur présence dans des systèmes militaires sensibles pose un problème de sécurité. « Il ne s'agit pas nécessairement d'une intention malveillante, mais d'un risque potentiel que nous ne pouvons pas ignorer », a commenté un analyste en sécurité.
Des mesures de remédiation envisagées
La Royal Navy envisage de remplacer les composants concernés sur l'ensemble de sa flotte de drones, ce qui pourrait représenter un coût important. Selon des estimations, le remplacement de ces puces pourrait coûter plusieurs millions de livres sterling.
Par ailleurs, le gouvernement britannique a annoncé qu'il allait renforcer les contrôles sur les équipements électroniques utilisés dans les systèmes de défense, avec des audits plus stricts de la chaîne d'approvisionnement.
Un contexte de méfiance croissante
Cette affaire intervient dans un climat de méfiance croissante entre le Royaume-Uni et la Chine, notamment en ce qui concerne les technologies sensibles. Londres a déjà restreint l'utilisation de certains équipements chinois, comme les antennes 5G de Huawei, pour des raisons de sécurité nationale.
Des parlementaires britanniques ont demandé des explications au gouvernement, et certains appellent à une enquête parlementaire sur la gestion de la chaîne d'approvisionnement de la défense.



