Les chiffres du chômage au deuxième trimestre 2026, publiés ce mardi, font état d'une hausse de 0,4 point, portant le taux de chômage à 7,6% de la population active. Cette augmentation, la première depuis trois ans, a immédiatement provoqué une levée de boucliers de l'opposition, qui accuse le gouvernement d'avoir "menti" sur la réalité de l'emploi en France.
Une hausse inattendue qui contredit les promesses
Selon les données de l'Insee, le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité a augmenté de 120 000 personnes sur le trimestre, soit une hausse de 2,1%. Cette évolution contraste avec les déclarations du gouvernement, qui affirmait encore en début d'année que le chômage allait continuer à baisser grâce aux réformes engagées.
Pour le porte-parole du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale, cette hausse est la preuve que "la politique économique du gouvernement est un échec". Il a déclaré : "Pendant dix ans, on nous a vendu une prétendue baisse du chômage, mais la réalité est là : le chômage augmente, et les promesses de Macron se révèlent être un mensonge."
Les oppositions unanimes pour dénoncer la "méthode Macron"
À droite, le président du groupe Les Républicains au Sénat a également réagi, estimant que "ce chiffre est le résultat de dix années de gestion hasardeuse". Il a ajouté : "Le gouvernement a préféré communiquer sur des indicateurs tronqués plutôt que de s'attaquer aux vraies causes du chômage de masse."
Le Rassemblement national a quant à lui dénoncé "l'immigration massive" comme principale responsable, tandis que les écologistes ont pointé du doigt "l'inaction climatique qui détruit des emplois".
Le gouvernement tente de relativiser
Interrogée en fin de matinée, la ministre du Travail a tenté de relativiser ces chiffres, les attribuant à "un ralentissement économique conjoncturel" et à "des effets de calendrier". Elle a rappelé que sur un an, le chômage reste en baisse de 0,2 point, et que le gouvernement reste "mobilisé pour l'emploi".
Mais ces explications n'ont pas convaincu l'opposition, qui demande la tenue d'un débat urgent à l'Assemblée nationale. Le président du groupe socialiste a ainsi exigé "la publication des chiffres réels de l'emploi, sans artifice statistique".
Un impact direct sur le pouvoir d'achat et la croissance
Cette hausse du chômage intervient dans un contexte de croissance atone, estimée à 0,3% pour le deuxième trimestre. Les économistes prévoient que la hausse du chômage pourrait avoir un impact négatif sur la consommation des ménages, déjà fragilisée par l'inflation.
Selon une étude récente, chaque point de chômage supplémentaire coûte environ 15 milliards d'euros à la Sécurité sociale et à l'État. Alors que le gouvernement cherche des économies pour réduire le déficit public, cette hausse du chômage pourrait compromettre ses objectifs budgétaires.
La CFDT appelle à "changer de cap"
La CFDT, premier syndicat français, a appelé le gouvernement à "changer de cap" et à "engager une véritable politique de l'emploi". Dans un communiqué, le syndicat souligne que "les mesures d'austérité et les réformes de l'assurance chômage n'ont pas créé d'emplois, mais ont au contraire fragilisé les plus précaires".
Le patronat, de son côté, estime que cette hausse est "le signe d'un manque de compétitivité" et appelle à "poursuivre les réformes structurelles".
Alors que la France se prépare pour la prochaine échéance électorale, ces chiffres du chômage pourraient bien devenir un enjeu central du débat politique des prochains mois.



