Sexisme en ligne : les footeuses face aux insultes sur les réseaux
Sexisme en ligne : les footeuses face aux insultes

Sur les réseaux sociaux, les femmes qui osent parler football sont souvent la cible d'insultes sexistes et de remarques dégradantes. Une étude publiée par l'institut de sondage Ipsos et la Ligue de football professionnel (LFP) révèle que 78 % des femmes ayant commenté le football en ligne ont déjà reçu des messages hostiles. Parmi elles, 62 % déclarent avoir été victimes d'insultes directes, et 45 % ont reçu des menaces. Ces chiffres, issus d'une enquête menée auprès de 2 000 personnes, montrent l'ampleur d'un phénomène qui pousse de nombreuses passionnées à se taire.

Un phénomène massif et banalisé

L'étude Ipsos-LFP, réalisée en janvier 2026, s'est penchée sur les expériences des femmes dans les espaces numériques dédiés au football. Les résultats sont sans appel : 83 % des femmes interrogées estiment que le sexisme est un problème répandu dans ces espaces. Les insultes les plus courantes, comme « sale footix » ou « ta place est à la cuisine », visent à délégitimer leur connaissance du sport. Ces attaques, souvent anonymes, surviennent particulièrement lors des matchs à forte audience, comme les derbys ou les rencontres internationales.

Les réseaux sociaux, notamment X (anciennement Twitter), Instagram et TikTok, sont les principaux terrains de ces agressions. Les femmes y sont confrontées à des commentaires blessants, mais aussi à des campagnes de harcèlement coordonnées. Selon l'étude, 71 % des victimes déclarent que ces attaques ont un impact négatif sur leur santé mentale, et 34 % ont déjà envisagé d'abandonner leurs comptes en ligne.

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Des conséquences sur la participation des femmes

Ce climat hostile a des répercussions concrètes sur la présence des femmes dans les débats footballistiques. L'étude révèle que 58 % des femmes qui commentent le football en ligne ont réduit leur activité sur les réseaux sociaux pour éviter les insultes. De plus, 27 % ont complètement cessé de publier des contenus liés au football. Cette autocensure prive les communautés de voix féminines et renforce un entre-soi masculin, comme le souligne le rapport.

Les femmes qui persistent, comme les journalistes, les consultantes ou les simples supportrices, sont souvent soumises à une pression constante. Certaines ont développé des stratégies pour se protéger, comme utiliser des pseudonymes ou restreindre les commentaires sur leurs publications. Malgré tout, 44 % des victimes disent ne pas signaler les abus, par peur de représailles ou par lassitude, ce qui limite l'efficacité des dispositifs de modération.

Des initiatives pour endiguer le phénomène

Face à ce constat, la LFP et Ipsos appellent à une prise de conscience collective. Ils recommandent notamment un renforcement de la modération sur les plateformes, avec une détection plus rapide des contenus sexistes. Des campagnes de sensibilisation, comme celle lancée par la Fédération française de football (FFF) en mars 2026, tentent également d'éduquer les supporters et de promouvoir un environnement plus respectueux.

Selon le rapport, 69 % des personnes interrogées (hommes et femmes confondus) estiment que les réseaux sociaux devraient faire davantage pour lutter contre le sexisme. En attendant, les femmes continuent de revendiquer leur place dans les tribunes virtuelles, malgré les obstacles. L'étude conclut que la parole des femmes sur le football est essentielle pour la diversité des points de vue et appelle à une mobilisation de tous les acteurs du secteur.

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