Immigration : le piège de l'extrême droite se referme sur les Européens
Immigration : le piège de l'extrême droite se referme

Le piège tendu par l'extrême droite sur la question migratoire se referme progressivement sur les Européens, selon une analyse publiée par Le Monde le 27 août 2026. Alors que les partis nationalistes gagnent du terrain dans plusieurs pays membres, leur instrumentalisation de l'immigration menace de fragiliser l'ensemble du projet européen, en attisant les divisions entre États et en érodant la confiance des citoyens dans les institutions.

Une offensive politique coordonnée

L'article souligne que les formations d'extrême droite, souvent alliées entre elles au Parlement européen, multiplient les initiatives pour durcir les politiques migratoires. Elles exploitent les crises récentes – notamment les arrivées en Méditerranée et les tensions aux frontières orientales – pour imposer leur agenda. Leur stratégie repose sur un double discours : promettre une fermeté absolue tout en dénonçant l'impuissance des gouvernements en place.

Cette offensive s'appuie sur des réseaux bien organisés, des médias favorables et des financements parfois opaques, comme le rappelle l'auteur. Les partis nationalistes ciblent en priorité les pays où la question migratoire est la plus sensible, comme l'Allemagne, la France, l'Italie ou encore les Pays-Bas, où ils espèrent capitaliser sur les craintes économiques et identitaires.

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Des contradictions qui fragilisent leur discours

Malgré leur apparente unité, les mouvements d'extrême droite présentent des contradictions internes qui pourraient limiter leur ascension. L'article pointe notamment leur difficulté à concilier des positions souverainistes avec une coopération européenne accrue en matière de police ou de douanes, qu'ils réclament pourtant pour contrôler les frontières.

De plus, leur rejet des élites et des institutions se heurte à leur participation active au sein du Parlement européen, où ils siègent et votent. Cette ambiguïté nourrit un sentiment de méfiance chez certains électeurs, qui y voient une forme de compromission. L'auteur cite l'exemple des eurodéputés d'extrême droite qui, tout en critiquant Bruxelles, utilisent ses ressources et ses tribunes pour diffuser leurs idées.

Une résistance citoyenne et institutionnelle

Face à cette dynamique, l'article met en avant les contre-feux allumés par la société civile et certaines institutions. Des organisations non gouvernementales, des syndicats et des collectifs de citoyens organisent des campagnes d'information pour contrer les récits simplistes sur l'immigration. Ils rappellent que les migrants contribuent à l'économie européenne et que les politiques d'intégration, bien qu'imparfaites, restent préférables à l'exclusion.

Au niveau institutionnel, la Commission européenne et plusieurs États membres tentent de renforcer les mécanismes de solidarité et de répartition des demandeurs d'asile, malgré les blocages. L'article souligne que ces efforts, bien que timides, pourraient inverser la tendance si les citoyens soutiennent des approches plus humaines et pragmatiques. Selon un sondage cité dans le texte, 62 % des Européens se disent favorables à une politique migratoire commune, mais seulement 38 % font confiance à leurs dirigeants pour la mettre en œuvre.

L'enjeu des prochaines élections

L'analyse conclut que les élections nationales à venir dans plusieurs pays membres constitueront un test décisif. Les partis d'extrême droite pourraient y renforcer leur influence, mais leur éventuel succès dépendra de leur capacité à traduire leurs promesses en actes concrets. En cas d'échec, leur crédibilité pourrait s'effondrer, ouvrant la voie à un rééquilibrage politique.

En attendant, le piège se referme sur les Européens : soit ils cèdent à la peur et à la division, soit ils choisissent de défendre des valeurs communes et une gestion raisonnée des migrations. L'avenir de l'Union européenne se joue en grande partie sur ce choix, qui déterminera sa cohésion et sa place dans le monde.

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