Franchises médicales : le gouvernement renonce à doubler les plafonds
Franchises médicales : renoncement au doublement des plafonds

Le gouvernement a renoncé à doubler dans l'immédiat les plafonds des franchises médicales, une mesure qui devait entrer en vigueur le 1er septembre 2026. Cette décision fait suite à une vive opposition des professionnels de santé et des associations de patients, qui dénonçaient une hausse des restes à charge pour les assurés.

Un revirement après des mois de préparation

Initialement prévue dans le cadre du budget de la Sécurité sociale pour 2026, la mesure visait à augmenter le plafond annuel des franchises médicales de 50 à 100 euros pour les médicaments et les consultations. Selon le ministère de la Santé, cette hausse devait permettre de réaliser 400 millions d'euros d'économies par an. Cependant, face à la pression, le gouvernement a annoncé le 20 août 2026 qu'il renonçait à cette augmentation immédiate.

La ministre de la Santé, Catherine Vautrin, a déclaré dans un communiqué : « Nous avons entendu les inquiétudes des Français et des soignants. Cette mesure ne sera pas appliquée au 1er septembre. Nous allons engager une concertation pour trouver des solutions plus équitables. »

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Les réactions des acteurs de santé

Les syndicats de médecins et les associations de patients, comme la Ligue contre le cancer, avaient vivement critiqué ce doublement. Selon eux, il aurait pénalisé les personnes atteintes de maladies chroniques, qui nécessitent des traitements coûteux et réguliers. « C'est une victoire pour les patients, mais nous restons vigilants », a réagi le Dr Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, dans un entretien à Libération. « Le gouvernement doit maintenant trouver d'autres pistes pour financer la Sécurité sociale sans alourdir la charge des malades. »

De son côté, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a salué ce recul, tout en rappelant que les franchises médicales actuelles, instaurées en 2008, représentent déjà un coût non négligeable pour les ménages. Le plafond actuel, fixé à 50 euros par an, est souvent atteint dès le premier trimestre pour les patients sous traitement lourd.

Un impact budgétaire à compenser

Le renoncement à cette mesure crée un trou dans le financement de la Sécurité sociale. Les 400 millions d'euros d'économies attendus devront être trouvés ailleurs. Le ministère de l'Économie a indiqué que des discussions étaient en cours avec les partenaires sociaux pour identifier des sources de financement alternatives, sans préciser de calendrier.

Selon un rapport de la Cour des comptes publié en juin 2026, les franchises médicales rapportent environ 1,2 milliard d'euros par an à l'Assurance maladie. Le doublement des plafonds aurait porté ce montant à 1,6 milliard, mais les critiques sur l'équité de la mesure ont conduit le gouvernement à faire marche arrière.

En attendant, les franchises médicales restent inchangées : 0,50 euro par boîte de médicament, 0,50 euro par acte paramédical et 2 euros par transport sanitaire, avec un plafond annuel de 50 euros. Les consultations chez le médecin ne sont pas concernées par ces franchises, mais les dépassements d'honoraires, eux, continuent de peser sur le budget des patients.

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