Gaza : la famille de Hind Rajab refuse la justice israélienne après les aveux de l'armée
Famille de Hind Rajab : pas de confiance en la justice israélienne

La famille de la petite Hind Rajab, âgée de 6 ans, tuée à Gaza en janvier 2024, a déclaré ne pas faire confiance à la justice israélienne après que l'armée israélienne a reconnu avoir ouvert le feu sur le véhicule dans lequel elle se trouvait. Cette annonce, faite par l'avocat de la famille, Me Khaled Quzmar, soulève de vives inquiétudes quant à l'impartialité des enquêtes militaires israéliennes.

Les aveux de l'armée israélienne

L'armée israélienne a admis, dans un rapport interne rendu public le 19 août 2026, que ses soldats avaient ouvert le feu sur la voiture où se trouvaient Hind Rajab, sa tante et ses cousins, le 29 janvier 2024, dans le quartier de Tel al-Hawa, à Gaza. Selon ce rapport, les tirs ont été effectués après que les soldats ont identifié une menace, bien que les circonstances exactes restent contestées. L'armée a précisé qu'une enquête militaire avait été ouverte pour déterminer les responsabilités.

Hind Rajab avait été tuée avec six membres de sa famille, dont sa tante et ses cousins, alors qu'ils tentaient de fuir les combats. Les secouristes du Croissant-Rouge palestinien, dépêchés sur place après un appel de détresse de la fillette, avaient également été pris pour cible, deux d'entre eux perdant la vie. L'incident avait suscité une vague d'indignation internationale.

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La défiance de la famille

Me Khaled Quzmar, avocat de la famille Rajab, a déclaré : « La famille ne fait pas confiance à la justice israélienne. Nous avons vu trop de cas où des soldats israéliens ont été blanchis après avoir tué des civils. » Il a ajouté que la famille exigeait une enquête internationale indépendante, menée par la Cour pénale internationale (CPI) ou une commission d'enquête de l'ONU. « Seule une justice impartiale peut rendre justice à Hind et à sa famille », a-t-il insisté.

La famille a également exprimé sa colère face au délai de deux ans et demi avant que l'armée israélienne ne reconnaisse sa responsabilité. « Pendant tout ce temps, nous avons attendu des réponses, et aujourd'hui, on nous dit que des soldats ont tiré. Mais que se passera-t-il ? Rien, comme d'habitude », a déclaré un proche de la famille, sous couvert d'anonymat.

Le contexte de l'enquête

L'armée israélienne a précisé que l'enquête interne était en cours et que des mesures disciplinaires pourraient être prises à l'encontre des soldats impliqués. Toutefois, les organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International et Human Rights Watch, ont critiqué à plusieurs reprises le système d'enquête militaire israélien, le jugeant « inefficace et partial ». Selon un rapport de l'ONU publié en 2025, moins de 1 % des enquêtes sur des tirs contre des civils à Gaza ont abouti à des poursuites pénales contre des soldats israéliens.

La famille Rajab a annoncé son intention de saisir la CPI, bien qu'Israël ne soit pas signataire du Statut de Rome. « Nous allons déposer une plainte à La Haye, car c'est le seul recours qui nous reste », a affirmé Me Quzmar. L'affaire Hind Rajab est devenue un symbole de la souffrance des civils à Gaza, où plus de 40 000 personnes, dont une majorité de femmes et d'enfants, ont été tuées depuis le début de la guerre en octobre 2023, selon le ministère de la Santé de Gaza.

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