Gants à impulsion électrique pour l'ICE : une décision controversée
Gants électriques pour l'ICE : controverse

Le ministère de la Sécurité intérieure américain a conclu un contrat avec Compliant Technologies, une entreprise du Kentucky, pour équiper les agents de l'ICE de gants à impulsion électrique. Le montant du contrat est compris entre 10 et 20 millions de dollars. Cette décision, annoncée ce vendredi, suscite une vive controverse aux États-Unis, notamment sur les conditions d'utilisation de cet équipement par la police fédérale chargée des expulsions.

Un équipement déjà utilisé mais critiqué

Ces gants, déjà employés par plusieurs forces de police et agents pénitentiaires américains, délivrent un choc électrique moins puissant que celui d'un Taser. Dans une démonstration publiée sur Instagram par l'entreprise, un agent applique son gant sur le bras d'une personne lors d'une altercation physique, provoquant sa chute immédiate. Le ministère justifie cette acquisition par les besoins opérationnels de l'ICE, qui « évalue en permanence les besoins de ses agents sur le terrain afin de s'assurer qu'ils disposent des outils et de l'équipement nécessaires pour procéder en toute sécurité à l'arrestation et à l'expulsion des étrangers délinquants en situation irrégulière ».

John Sandweg, ancien directeur par intérim de l'ICE sous Barack Obama, s'inquiète du risque d'une utilisation disproportionnée. Il a déclaré sur MS Now : « Déployer cette technologie non létale au moment où vous n'êtes pas vraiment intéressé à former les agents pour utiliser cette technologie, c'est vraiment inquiétant ». Il estime qu'« il n'en faut pas beaucoup pour imaginer cet outil être utilisé contre une mère qui résiste un petit peu parce qu'elle est séparée de son enfant ».

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Les démocrates et associations montent au créneau

Plusieurs élus démocrates ont dénoncé ce contrat. Le député Maxwell Frost s'est insurgé contre les « 20 millions de dollars de la poche du contribuable » susceptibles d'être consacrés à ces équipements. Pour Pramila Jayapal, ces gants ne vont « protéger personne » et risquent surtout de donner à l'ICE « un nouvel outil dangereux pour s'en prendre à la fois aux citoyens américains et aux immigrants ». En juillet, une association avait annoncé avoir déposé plus de 50 plaintes concernant de potentiels abus commis par des policiers de l'immigration à travers le pays.

Un contexte d'intensification des opérations

Cette polémique intervient alors que l'ICE intensifie ses opérations depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025. Deux manifestants américains ont été tués par des agents de l'ICE à Minneapolis en janvier, tandis que des images de raids visant des populations hispaniques ont nourri les critiques. En juillet, plus de 51 000 personnes ont été arrêtées aux États-Unis pour des infractions aux lois sur l'immigration, un record depuis le retour de Donald Trump à la présidence. Cette nouvelle acquisition risque d'alimenter davantage les inquiétudes sur les méthodes de l'agence.

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