Une pratique persistante malgré les dénonciations
Au Canada, des femmes autochtones sont encore victimes de stérilisations imposées sans leur consentement, une pratique qui perdure malgré les condamnations internationales et les enquêtes officielles. Selon un rapport publié récemment, plusieurs cas récents ont été signalés dans des hôpitaux des provinces de l'Ouest, notamment en Saskatchewan et en Alberta. Les victimes, souvent issues des communautés cries et dénés, décrivent des pressions exercées par le personnel médical pour accepter l'intervention, parfois juste après un accouchement.
Des témoignages accablants
Une femme de 28 ans, membre de la Première Nation de Lac La Ronge, a raconté avoir été stérilisée en 2023 sans avoir signé de formulaire de consentement. Elle affirme que les médecins lui ont présenté l'opération comme une nécessité médicale, sans lui expliquer les conséquences irréversibles. Un autre cas concerne une mère de trois enfants, qui a découvert après une césarienne qu'on lui avait retiré les trompes de Fallope sans son accord. Ces récits s'ajoutent à une longue liste de témoignages recueillis par des organisations autochtones.
Un problème systémique
Les stérilisations forcées des femmes autochtones au Canada ne sont pas un phénomène nouveau. Dans les années 1970, des études avaient déjà mis en lumière cette pratique, qui s'inscrit dans un contexte plus large de discrimination médicale envers les peuples autochtones. Le rapport de 2022 de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées avait qualifié ces actes de violence genrée et de nettoyage culturel. Pourtant, les mesures prises par le gouvernement fédéral restent insuffisantes, selon les militants.
Des recours juridiques limités
Les victimes peinent à obtenir justice. Les plaintes auprès des ordres professionnels aboutissent rarement, et les poursuites civiles sont longues et coûteuses. En 2023, une action collective a été lancée au nom de centaines de femmes autochtones stérilisées sans consentement, mais elle n'a pas encore été tranchée. Les avocats spécialisés soulignent que le fardeau de la preuve repose souvent sur les victimes, qui doivent démontrer qu'elles n'ont pas été informées des risques.
Des appels à des réformes urgentes
Des organisations comme l'Association des femmes autochtones du Canada réclament une loi fédérale interdisant explicitement la stérilisation non consentie, ainsi que la mise en place de mécanismes de surveillance indépendants dans les hôpitaux. Elles demandent également une formation obligatoire du personnel médical sur les droits des patients autochtones. Le gouvernement canadien a promis d'agir, mais les critiques estiment que les progrès sont trop lents.
Cette situation rappelle que les violences médicales envers les femmes autochtones restent une réalité au Canada, malgré les engagements politiques. Les stérilisations forcées constituent une violation grave du droit à l'intégrité physique et à l'autodétermination, et leur persistance interroge sur l'efficacité des mesures de protection des droits humains dans le pays.



