Depuis plusieurs jours, plusieurs départements français, dont la Loire-Atlantique, la Saône-et-Loire et le Puy-de-Dôme, connaissent une prolifération inhabituelle de punaises des champs. Ces insectes, regroupés sur les façades des habitations, cherchent à se mettre au frais, mais leur présence massive suscite l'inquiétude des habitants.
Un insecte sans danger pour l'homme
La punaise des champs est un insecte phytophage, c'est-à-dire qu'il se nourrit de matières végétales. Eloigné des champs par les fortes chaleurs, il ne représente aucun danger pour l'être humain. Olivier Dupont, directeur de l'insectarium de Lizio (Morbihan), rassure : « Les punaises des champs ne piquent pas l'humain et ne transmettent pas de maladies. C'est le nombre qui fait peur. »
En effet, c'est leur nombre inhabituel qui alerte la population. Cette prolifération anormale s'explique par les conditions climatiques récentes.
Les vagues de chaleur ont « optimisé leur développement »
Olivier Dupont explique que les punaises des champs ont toujours existé, mais « pas en grand nombre, l'éclosion s'étale habituellement sur toute la période estivale ». Cette année, la répétition de vagues de fortes chaleurs a « optimisé leur développement », un phénomène qui tend à devenir la norme.
Le spécialiste alerte : « Si de telles hausses de températures deviennent habituelles, alors il faudra s'attendre à des proliférations répétitives d'insectes. » Il ajoute que « les gens ne se préoccupent pas de ces petites bêtes mais elles existent et sont beaucoup plus nombreuses que nous », et quand elles affluent, « c'est la panique ».
Quels gestes adopter ?
Face à cette invasion, Olivier Dupont déconseille l'utilisation de sprays insecticides ou de fumigateurs. Pulvériser des produits chimiques sur les punaises est inefficace. Il préconise plutôt de « attendre le phénomène inverse » : les punaises devraient regagner leurs champs de colza dès le prochain épisode de pluie et lorsque les températures seront plus fraîches.
En attendant, les habitants peuvent « calfeutrer » leur maison pour empêcher les punaises d'entrer. Si elles sont déjà à l'intérieur, « il suffit de les aspirer », conseille le spécialiste.
Principalement attirées par les façades claires, les punaises des champs constituent « un maillon de la biodiversité et de la chaîne alimentaire », souligne Olivier Dupont. Leur présence peut être signalée en mairie ou à la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon). Cette prolifération est une nouvelle illustration des conséquences du changement climatique sur la biodiversité, et les experts appellent à une vigilance accrue.



