Autonomie corse : non au racisme dans la Constitution
Autonomie corse : non au racisme dans la Constitution

Autonomie de la Corse : n'introduisons pas le racisme et la discrimination dans la Constitution

Dans une tribune publiée dans Libération, plusieurs intellectuels, juristes et responsables politiques s'élèvent contre le projet d'inscrire la notion de « peuple corse » dans la Constitution française. Ils estiment que cette reconnaissance, présentée comme une avancée pour l'autonomie de l'île, ouvrirait la voie à une dérive identitaire et discriminatoire.

Un précédent dangereux

Les signataires rappellent que la Constitution de 1958 repose sur le principe d'indivisibilité de la République et d'égalité de tous les citoyens devant la loi. Introduire une distinction fondée sur l'origine ethnique ou historique, même à titre symbolique, créerait une brèche juridique et politique. Selon eux, cela pourrait servir de précédent à d'autres revendications régionalistes, voire à des discriminations légales.

Ils soulignent que la Corse bénéficie déjà d'un statut particulier depuis 1991, avec une collectivité territoriale dotée de compétences étendues. La demande d'autonomie, légitime dans le débat démocratique, ne nécessite pas une modification constitutionnelle qui remettrait en cause les fondements républicains.

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Risque de communautarisme

Les auteurs de la tribune mettent en garde contre le risque de communautarisme. En reconnaissant un « peuple corse », on créerait une catégorie juridique distincte, ce qui pourrait entraîner des inégalités de traitement. Ils citent l'exemple de la Nouvelle-Calédonie, où la notion de « peuple kanak » a été inscrite dans l'accord de Nouméa, mais dans un contexte de décolonisation très spécifique.

Ils estiment que la République doit rester aveugle aux différences ethniques ou culturelles pour garantir l'égalité réelle. Toute dérogation, même bien intentionnée, ouvre la porte à des interprétations extensives et à des conflits identitaires.

Une alternative inclusive

Plutôt que de modifier la Constitution, les signataires proposent de renforcer les compétences de la collectivité de Corse dans le cadre législatif existant. Ils suggèrent une décentralisation accrue, avec des transferts de compétences clairs et un financement adapté, sans toucher aux principes républicains.

Ils appellent les parlementaires à ne pas céder à la facilité d'une réforme constitutionnelle qui fragiliserait l'unité nationale. La Corse mérite une solution politique respectueuse de ses spécificités, mais dans le respect des valeurs de la République.

Conclusion

La tribune conclut que l'introduction du « peuple corse » dans la Constitution serait une erreur historique. Elle affaiblirait la cohésion nationale et instaurerait une discrimination institutionnalisée. Les auteurs appellent à un débat serein et constructif, loin des passions identitaires, pour trouver une voie équilibrée entre reconnaissance des particularismes et maintien de l'égalité républicaine.

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