Tchad : l'opposant Masra gracié, pas d'amnistie
Tchad : Masra gracié, pas d'amnistie

Le président tchadien Mahamat Idriss Déby a accordé une grâce présidentielle à l'opposant Succès Masra, condamné à la prison à perpétuité pour complot contre l'État. Selon un décret lu à la télévision nationale, cette grâce ne constitue pas une amnistie, ce qui signifie que Masra reste inscrit au casier judiciaire.

Une grâce qui ne dissipe pas les tensions

La grâce présidentielle intervient après des mois de négociations politiques. Succès Masra, leader du parti Les Transformateurs, avait été arrêté en février 2024 et condamné en juin pour avoir tenté de déstabiliser le régime. Sa condamnation avait provoqué des manifestations réprimées dans le sang, faisant au moins 50 morts selon des ONG locales.

Le gouvernement justifie cette décision par un souci d'apaisement. « Cette grâce est un geste de paix pour permettre à notre pays de tourner la page », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Abderaman Koulamallah. Cependant, l'opposition reste sceptique, estimant que la grâce ne résout pas le problème de fond.

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Une opposition divisée

Succès Masra, figure montante de l'opposition, avait recueilli 24,5% des voix à l'élection présidentielle de mai 2024, selon les résultats officiels. Sa libération est perçue comme une tentative de légitimer le régime avant les élections législatives prévues en décembre. Mais certains opposants, comme le parti socialiste sans frontières, jugent cette grâce « insuffisante ».

« La grâce n'efface pas le délit. Nous exigeons une amnistie totale pour tous les prisonniers politiques », a affirmé un porte-parole du parti. Une position qui reflète une division au sein de l'opposition entre ceux qui acceptent le dialogue et ceux qui le refusent.

Un impact incertain

La libération de Succès Masra pourrait néanmoins contribuer à détendre un climat politique tendu depuis l'arrivée au pouvoir de Mahamat Idriss Déby en 2021. Selon l'ONU, plus de 200 personnes ont été tuées lors de manifestations entre 2022 et 2024. La grâce intervient alors que le Tchad s'apprête à organiser des élections législatives, un test crucial pour la transition démocratique.

Le gouvernement espère que cette décision sera perçue comme un signe d'ouverture. Toutefois, sans amnistie, les charges restent et pourraient être réactivées en cas de nouvelle infraction. Les prochains mois diront si cette grâce suffit à stabiliser le pays ou si elle ne fait que reporter les tensions.

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