Le Japon a vivement réagi, vendredi 14 août, après la visite de Vladimir Poutine sur les îles Kouriles du Sud, un archipel que Tokyo revendique et que la Russie occupe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, a qualifié cette visite d'« absolument inacceptable » et a dénoncé une « violation de la souveraineté » du Japon.
Une visite qui enflamme les relations bilatérales
Le président russe s'est rendu sur l'île d'Itouroup, la plus grande de l'archipel contesté, où il a inspecté des installations militaires et rencontré des responsables locaux. Cette première visite d'un dirigeant russe sur ces îles depuis 2019 a immédiatement provoqué une crise diplomatique entre Moscou et Tokyo. Le ministère japonais des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur de Russie au Japon pour protester officiellement.
Un différend territorial vieux de plusieurs décennies
Les îles Kouriles du Sud, appelées « Territoires du Nord » au Japon, sont au cœur d'un litige qui empêche la signature d'un traité de paix entre les deux pays depuis 1945. La Russie affirme que ces îles font partie intégrante de son territoire, tandis que le Japon les considère comme occupées illégalement. Les négociations, relancées à plusieurs reprises, n'ont jamais abouti à un accord.
Des conséquences économiques et diplomatiques
Cette visite intervient dans un contexte de tensions accrues, alors que le Japon a imposé des sanctions économiques à la Russie en raison de son invasion de l'Ukraine. Tokyo a également suspendu les discussions sur les investissements dans les Kouriles. Selon les analystes, cette action de Vladimir Poutine pourrait compromettre durablement toute perspective de règlement pacifique du différend. Le gouvernement japonais a annoncé qu'il envisageait de nouvelles mesures de rétorsion, sans préciser lesquelles.



