Crise financière sans précédent pour le Hezbollah
Crise financière sans précédent pour le Hezbollah

Le Hezbollah traverse actuellement sa plus grave crise financière depuis plusieurs années, conséquence directe de la stratégie israélienne visant à anéantir économiquement la milice islamiste, comme le révèle le New York Times sur la base de documents consultés. Cette offensive économique, coordonnée avec Washington, a réussi à tarir les ressources du groupe, affectant jusqu'à son réseau d'aide sociale et ses capacités militaires.

Une offensive ciblée sur les finances du Hezbollah

En mars dernier, lors du déclenchement de la dernière offensive israélienne contre le Hezbollah, les premières frappes ont visé les banques. Plus d'une douzaine d'agences d'Al-Qard al-Hassan, institution financière accusée de servir de banque à la milice, ont été détruites. Ensuite, ce fut au tour des bureaux de change, utilisés par l'Iran pour acheminer des fonds à son proxy libanais. Étonnamment, les dépôts d'armes et les centres de commandement souterrains ont été épargnés dans un premier temps, mais des stations-service, source de revenus pour le Hezbollah, ont été bombardées. Cette stratégie démontre la volonté d'Israël d'étrangler financièrement son ennemi.

Coordination israélo-américaine et pression sur le Liban

Israël et les États-Unis ont coordonné leurs efforts pour assécher les finances du Hezbollah, déjà affaibli par le conflit commencé fin 2023. Les frappes ont détruit une grande partie de ses réserves d'or et de devises. Parallèlement, les deux alliés ont accentué la pression sur le gouvernement libanais pour obtenir le désarmement de la milice. Alertées par Israël, les autorités libanaises ont suspendu tous les vols en provenance d'Iran et écarté le personnel aéroportuaire proche du Hezbollah. Après la chute du régime de Bachar al-Assad fin 2024, l'organisation a perdu une voie de ravitaillement terrestre cruciale via la Syrie, poussant l'Iran à utiliser davantage l'aéroport de Beyrouth pour faire transiter des fonds et des armes, parfois par des valises de dollars transportées par des diplomates iraniens.

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La Banque centrale libanaise sous pression

Sous la pression de l'administration Trump, la Banque centrale libanaise a également pris des mesures. Le nouveau gouverneur, Karim Souaid, dont la nomination a été soutenue par la Maison-Blanche, a écarté les cadres soupçonnés de liens avec le Hezbollah et ouvert une enquête sur les grandes sociétés de transfert d'argent. Face à cette surveillance, le Hezbollah s'est tourné vers des bureaux de change moins réglementés et le système hawala, un réseau informel de transfert où l'argent iranien transite via les Émirats arabes unis, la Turquie et l'Irak sans traverser physiquement les frontières. Environ un milliard de dollars ont ainsi été acheminés au Hezbollah en 2025, principalement par ce système, selon le département du Trésor américain.

Des conséquences visibles sur l'aide sociale

Avant la guerre, le département d'État américain évaluait à 700 millions de dollars par an le soutien financier de Téhéran, soit l'essentiel du budget du Hezbollah. Cette manne, bien qu'en hausse depuis un an, ne suffit plus à couvrir les coûts du conflit. Le groupe terroriste a dû prioriser les dépenses militaires, au détriment de son vaste réseau d'aide sociale qui a longtemps assis sa popularité auprès de sa base chiite. "L'ampleur des besoins liés aux combats et aux déplacements a imposé un fardeau considérable au Hezbollah", a déclaré le porte-parole du groupe, Youssef al-Zein, au New York Times. Il a ajouté : "Les ressources sont gérées en fonction des priorités (...) Il y a sans aucun doute une pression, mais le Hezbollah est capable d'y faire face." Cependant, il a confirmé que les aides promises en 2024 aux familles dont les maisons ont été détruites par la guerre ont été suspendues.

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