Depuis le dimanche 9 août, les habitants du village de Qusra, au sud de Naplouse en Cisjordanie occupée, sont assiégés par des colons israéliens qui bloquent tout acheminement de nourriture et de médicaments, malgré la présence de l'armée israélienne. Fait rare, l'ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a dénoncé jeudi 13 août un « acte de terreur horrible », tandis que la France a appelé vendredi à arrêter et juger les auteurs.
Un blocus qui affame un village entier
Le siège a commencé lorsqu'un groupe de colons radicaux a installé une tente à proximité de Qusra et a interdit l'entrée des provisions. « Nous n'avons reçu ni nourriture ni médicaments », a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) Qusai Abou Rida, un habitant assiégé, précisant n'avoir de l'électricité que grâce à des panneaux solaires.
Ce vendredi 14 août, des militants israéliens de gauche ou étrangers ont tenté d'acheminer des vivres aux familles bloquées. Ils ont déposé des boissons et de la nourriture devant une maison où étaient positionnées des forces israéliennes lourdement armées. L'armée a indiqué qu'elle allait inspecter les vivres avant qu'ils ne parviennent aux habitants, qui observaient la scène depuis le balcon. On ne savait pas dans l'immédiat si les Palestiniens avaient pu les récupérer.
L'armée israélienne peine à disperser les colons
Depuis mercredi, des soldats israéliens sont déployés à Qusra « pour protéger les habitants et maintenir la sécurité », selon Tsahal. Des officiers ont enlevé la tente et « s'efforçaient d'évacuer les civils qui s'y trouvent ». Cependant, en milieu d'après-midi, un photographe de l'AFP a constaté que l'armée avait quitté la zone, mais que des colons s'y trouvaient toujours. « L'armée s'est retirée et, pour l'instant, nous sommes toujours assiégés, avec les colons à notre porte », a témoigné Qusai Abou Rida.
Dans la nuit, l'armée est revenue et a démantelé « deux avant-postes illégaux », confisqué l'équipement et interpellé un Israélien. Selon Aïcha Hassan, une résidente, « la tente et les affaires des colons ne sont plus là », mais ils sont « sur la colline voisine ». Le maire Abdul Azim Wadi a confirmé leur présence à proximité. L'armée s'est retirée de huit maisons réquisitionnées dans la matinée, et « tous les habitants évacués sont rentrés chez eux », a-t-il précisé. Mardi, l'armée avait dénoncé « une activité illégale […] et inacceptable, qui porte préjudice aux habitants de ces zones et perturbe leur vie quotidienne ».
L'ambassadeur américain hausse le ton
Dans une déclaration inhabituelle, l'ambassadeur américain Mike Huckabee, pourtant fervent soutien des colons, a écrit sur X : « Les actions de ceux derrière cet acte de terreur horrible, visant à intimider et à harceler cette famille, sont répugnantes. » Il a assuré qu'Israël est intervenu à la demande des États-Unis. Ses propos contrastent avec son passé de soutien répété aux colonies juives et son rejet de l'idée d'un État palestinien.
La France exige des poursuites
Vendredi, le ministère des Affaires étrangères français a condamné « avec la plus grande fermeté l'occupation par des colons israéliens de plusieurs habitations palestiniennes situées dans le village d'Al Qusra en Cisjordanie, ainsi que les violences perpétrées à l'encontre des civils palestiniens ». Paris appelle les autorités israéliennes à « arrêter et à traduire en justice les auteurs » et à protéger la population civile, comme elles en ont « l'obligation au titre du droit international ». Le siège se poursuit, les colons restant présents sur les collines voisines, tandis que l'armée israélienne reste déployée dans la ville.



