Hantavirus aux Canaries : le chef de l'OMS en coordination
Hantavirus : le chef de l'OMS aux Canaries ce samedi

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, se rend ce samedi 9 mai 2026 aux Canaries. Il y coordonnera l'évacuation du paquebot MV Hondius, touché par l'hantavirus, prévue entre dimanche midi et lundi. Le dernier bilan de l'OMS vendredi recense au total six cas confirmés parmi huit cas suspects, comprenant un couple de passagers néerlandais et une Allemande décédés. Trois personnes ont été débarquées au Cap-Vert mercredi.

Une coordination renforcée

Le directeur de l'OMS accompagnera les ministres espagnols de la Santé et de l'Intérieur sur l'île de Tenerife afin d'assurer la coordination entre les administrations, le contrôle sanitaire et la mise en œuvre des protocoles de surveillance et d'intervention prévus, ont précisé des sources officielles.

Risque faible pour la population

Le risque d'une propagation d'hantavirus pour la population mondiale est absolument faible, a tenu à rassurer vendredi l'OMS. Christian Lindmeier, porte-parole de l'OMS à Genève, a déclaré : Il s'agit d'un virus dangereux, mais uniquement pour la personne réellement infectée. Le risque pour la population en général reste quant à lui extrêmement faible. Il a souligné que, dans certains cas, le voisin de cabine d'une personne contaminée ne l'a pas été. Ce n'est pas du tout comme la rougeole, par exemple : si vous êtes ici dans la salle de presse et que quelqu'un à l'avant tousse, les premiers rangs ne seraient pas en danger. Un contact étroit signifie qu'il faut pratiquement être nez à nez. Ce n'est pas un nouveau Covid, a-t-il insisté.

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Le navire et son parcours

Le MV Hondius, du croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions, est parti le 1er avril d'Ushuaïa, en Argentine. La possibilité de contagion à Ushuaïa est pratiquement nulle, a affirmé vendredi Juan Petrina, un responsable sanitaire de la province de la Terre de Feu, lors d'une conférence de presse. Le bateau navigue actuellement vers Tenerife, aux Canaries, où il est attendu dimanche. Le débarquement des passagers devra avoir lieu entre dimanche midi et lundi, seule fenêtre possible en raison de la météo, a souligné un responsable du gouvernement régional des Canaries.

Une alerte sanitaire internationale

Le navire fait l'objet d'une alerte sanitaire internationale depuis le week-end dernier, lorsque l'OMS a été informée de la mort de trois passagers dont la cause suspectée était l'hantavirus. Ce virus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l'intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive. Mais des experts ont confirmé que la variante du virus détectée à bord du Hondius, l'hantavirus Andes, était une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme.

Situation actuelle

Il n'y avait plus jeudi aucun cas suspect à bord parmi les 147 passagers, selon les données actualisées de l'OMS, mais le délai d'incubation, qui peut aller jusqu'à six semaines, incite à la prudence. Deux résidents de Singapour qui se trouvaient à bord du navire et ont pris le même vol Sainte-Hélène-Johannesbourg qu'une personne ensuite décédée de l'hantavirus ont été testés négatifs, a annoncé vendredi l'agence des maladies infectieuses de la cité-État. Ils sont maintenus en quarantaine par précaution.

Cas contacts et traçage

Les autorités sanitaires de plusieurs pays s'efforcent de retrouver les cas contacts pour les isoler et procéder à des tests. L'OMS a annoncé qu'une hôtesse de l'air de la compagnie néerlandaise KLM, qui avait été en contact avec la passagère néerlandaise ayant brièvement embarqué sur un vol Johannesburg-Amsterdam avant de décéder de l'infection à l'hantavirus, avait été testée négative. Mais un peu plus tard, les autorités espagnoles ont annoncé qu'une femme ayant emprunté le même vol présentait des symptômes compatibles avec une infection à l'hantavirus et avait été hospitalisée dans la région de Valence (sud-est).

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En Grande-Bretagne, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (UKHSA) a annoncé qu'un ressortissant britannique avait été classé parmi les cas suspects d'hantavirus liés au foyer détecté sur le MV Hondius. Selon elle, il se trouve à Tristan da Cunha, une île britannique isolée de l'Atlantique Sud, où le MV Hondius a fait escale fin avril. Ce cas suspect s'ajoute à deux cas confirmés concernant des citoyens britanniques, a précisé l'agence. L'un est hospitalisé en Afrique du Sud et l'autre aux Pays-Bas.

Mesures internationales

Concernant les habitants de l'île britannique de Saint-Hélène, où 29 passagers du bateau avaient débarqué lors d'une escale le 24 avril, M. Lindmeier a estimé que le risque est minime. Des personnes redoutant d'avoir contracté le virus, ou dont l'infection est avérée, sont soignées ou ont été priées de se confiner dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse et l'Afrique du Sud. Les États-Unis ont annoncé vendredi préparer une évacuation par avion des passagers américains du navire de croisière.