Cette Coupe du monde n’a pas encore commencé qu’on regrette déjà qu’elle ait lieu aux États-Unis, pour la plus grande partie. N’importe où ailleurs, Omar Artan, l’un des sept arbitres africains retenus par la Fifa pour officier lors des 104 matchs prévus cet été, aurait déjà commencé sa préparation sur le sol du pays hôte pour arriver au top à son premier match, comme les joueurs.
Un rêve brisé à Miami
« J’essayais juste de vivre mon rêve », a confié Omar Artan au New York Times. Mais comme Donald Trump et les autorités américaines ont visiblement une dent contre la Somalie, celui qui a été élu meilleur arbitre en 2025 par la Confédération africaine de football a été refoulé à l’aéroport de Miami et renvoyé chez lui via Istanbul, après un interrogatoire de 11 heures avec la douane. « J’avais tous mes papiers en règle, le bon visa, l’accréditation de la Fifa, je leur ai même montré des photos de moi en train d’arbitrer », se désole l’intéressé. « Je suis juste un arbitre qui essayait de vivre son plus grand rêve de participer à une Coupe du monde. Je suis très déçu, je pense qu’ils ont un problème avec mon pays. »
Un traitement discriminatoire
C’est peu de le dire, considérant que Donald Trump avait déjà qualifié la Somalie, dont il doit à peine savoir où elle se trouve, de « pays pourri » il y a peu. Omar Artan a été longuement interrogé sur les raisons de sa venue et sur la situation politique en Somalie, notamment son point de vue sur le groupe islamiste Al Shabab, qui mène une insurrection depuis deux décennies dans le pays. La police aux frontières américaines a justifié cette inspection supplémentaire comme une « étape de routine », affirmant que le voyageur a été jugé non admissible en raison de problèmes liés à la vérification de ses antécédents.
La lâcheté de la Fifa
La Fifa, n’écoutant que son courage, s’est défaussée totalement sur les États-Unis, précisant « qu’elle n’intervenait pas dans les procédures du pays hôte ». Pourquoi l’organisation qui a octroyé cette Coupe du monde à trois pays n’a-t-elle pas trouvé une solution permettant à cet arbitre de 34 ans de tenir le sifflet sur un match ou deux au Canada ou au Mexique, au moins pour le symbole, reste un mystère.
Indignation en Somalie et en Afrique
La Somalie, évidemment, s’est indignée, tant du côté du pouvoir que de l’opposition. L’ex-Premier ministre et opposant Hassan Ali Khaire a lancé sur X : « Il ne représente pas seulement la Somalie, mais les aspirations de millions d’Africains qui croient que l’excellence doit être reconnue mondialement. Omar, l’Afrique et le monde te soutiennent. » Tout le monde, sauf Trump et Infantino, les deux enfants terribles de ce Mondial. Vivement juillet, qu’on en finisse.
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