L'entreprise de reconditionnement de téléphones et tablettes Cykero prendra possession en mars prochain de son nouveau techno-centre de 4 000 m² sur la zone Euréka, à Castelnau-le-Lez, aux portes de Montpellier. Ce déménagement, depuis des locaux de 400 m² dans l'incubateur du Millénaire Mibi, doit permettre à la société de tripler son activité et de porter ses effectifs de 38 à 160 salariés à plein régime.
Un secteur en croissance de 15 % par an
« On a changé d'échelle mais pas de conviction, le reconditionnement est une industrie qui représente 17 milliards d'euros, en hausse de 15 % par an », s'enthousiasme Bichoi Metias, fondateur de Cykero, arrivé à Montpellier avec son projet en 2024. L'entreprise, qui se fixe pour objectif de devenir « le champion européen » du reconditionnement d'appareils, prévoit de recevoir et traiter 40 000 objets connectés par an dans un premier temps, puis de tripler cette activité dans les trois ans.
La visite du chantier par la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, ce mercredi 21 octobre, a été l'occasion de rappeler le soutien financier de la collectivité : 800 000 € via les fonds européens Feder, auxquels s'ajoutent 300 000 € de la Métropole de Montpellier.
Un faible taux de retour mis en avant
Les équipes de Cykero insistent sur la qualité de leur service après-vente, avec un taux de retour autour de 2 %, contre 20 % dans le secteur. Chaque appareil fait l'objet d'un diagnostic technique précis avant remise en service. L'histoire de l'entreprise est partie d'une idée simple : « Qu'un produit reconditionné pouvait avoir le même niveau d'exigence qu'un appareil neuf. La qualité se construit, se contrôle et se prouve », insiste Bichoi Metias.
Pour Carole Delga, cette entreprise apporte « la démonstration que la révolution écologique est créatrice d'emplois », constitue une réponse à « l'obsolescence programmée » voulue par certains industriels et renforce ainsi la souveraineté industrielle désormais recherchée. Le passage de 400 à 4 000 m² et l'embauche progressive vers 120 puis 160 salariés illustrent cette dynamique.