Découverts bancaires : 43% des Français dans le rouge chaque année
Découverts bancaires : 43% des Français dans le rouge chaque année

Près d'un Français sur deux (43 %) est à découvert bancaire au moins une fois par an, selon une étude de Panorabanques publiée ce jeudi 22 octobre. Ce chiffre est en hausse par rapport à 2025, où il s'établissait à 41 %. Cette situation intervient alors qu'une réforme, transposant la directive européenne CCD2, doit entrer en vigueur le 20 novembre, durcissant les règles encadrant les soldes bancaires débiteurs.

Une hausse des découverts liée à la vie chère

L'étude, réalisée par Discurv (MadeInVote) pour Panorabanques auprès de deux échantillons représentatifs de 2 000 Français âgés de 18 ans et plus, interrogés en août 2025 et juillet 2026, révèle que 18 % des Français sont à découvert chaque mois, contre 16 % en 2025. Près d'un tiers des personnes interrogées déclarent avoir été débitrices plus souvent que l'année précédente.

L'inflation est citée comme la principale cause par 37 % des personnes à découvert. Les dépenses imprévues (28 %) et une situation financière globalement difficile (24 %) sont également évoquées. La hausse des prix pèse clairement sur le pouvoir d'achat : 49 % des Français ont vu le leur diminuer en moins d'un an, contre 41 % en 2025.

Des ménages contraints de réduire leurs dépenses

Pour faire face, huit Français sur dix affirment réduire leurs dépenses. L'alimentation arrive en tête pour 72 % des répondants, devant le carburant (59 %) et l'énergie (58 %). Par ailleurs, 32 % des sondés puisent dans leur épargne, et près de six sur dix ont reporté ou abandonné un projet de voyage, de travaux ou d'achat d'une voiture, principalement en raison de revenus insuffisants et de la hausse des prix.

Anna Meylacq, porte-parole de Panorabanques, souligne : « Dans ce contexte, il est d'autant plus important de suivre régulièrement son compte et d'anticiper ses dépenses. Les alertes proposées par les banques et les applications bancaires permettent aujourd'hui de réagir rapidement en cas de solde bas, et surtout d'éviter de basculer dans un découvert non autorisé, beaucoup plus coûteux. » Elle ajoute : « Se tourner vers des banques qui ne facturent pas de commissions d'intervention ou de frais pour compte débiteur non autorisé peut également être une solution pour réduire le coût d'un découvert. »

La réforme CCD2 durcit les règles dès le 20 novembre

À partir du 20 novembre, tous les découverts bancaires, y compris ceux de moins de 200 euros ou de moins d'un mois, seront considérés comme des crédits à la consommation. Actuellement, 65 % des Français à découvert le sont pour moins de 200 euros : 39 % passent sous la barre des 100 euros, et 26 % se situent entre 100 et 200 euros. Jusqu'ici, ces petits découverts ne faisaient l'objet d'aucune étude de solvabilité ; les établissements devront désormais appliquer un cadre plus strict.

Le coût du découvert sera encadré par le taux d'usure, et les minimums forfaitaires d'agios, particulièrement pénalisants pour les petits montants, sont appelés à disparaître. Pour les consommateurs, le coût annuel d'un découvert reste souvent méconnu : 46 % des Français disposant d'une autorisation de découvert ignorent son coût, qui comprend d'éventuels frais de dossier (16,80 € par an en moyenne), des agios (dont le taux varie de 7 % à 20,04 %), et en cas de dépassement, des agios majorés, des commissions d'intervention (jusqu'à 8 € par opération, plafonnées à 80 € par mois) et des courriers d'information facturés en moyenne 10 €.

Un accès au découvert potentiellement plus difficile

Cette protection pourrait avoir un revers. L'étude indique que 76 % des Français disposent d'une autorisation de découvert, mais que 27 % des bénéficiaires dépassent parfois le montant accordé, et 7 % le dépassent systématiquement. Un encadrement plus strict pourrait donc compliquer l'accès à cette facilité de trésorerie pour certains ménages et accroître le risque d'incidents bancaires.

Pour les personnes confrontées au découvert, les solutions restent limitées : 48 % puisent dans leur épargne, 41 % attendent leur prochaine rentrée d'argent, et 21 % réduisent leurs dépenses non prioritaires. La réforme, qui vise à mieux protéger les consommateurs, pourrait néanmoins restreindre l'accès au découvert pour les ménages les plus fragiles, augmentant potentiellement le nombre d'incidents bancaires.