Ingénieure devenue paysagiste : « Fini la fatigue mentale et le mal de dos »
Ingénieure devenue paysagiste : « Fini la fatigue mentale »

À Baillargues, près de Montpellier, Hélène Ganne, 37 ans, a troqué son bureau d'ingénieure contre les sécateurs et la tronçonneuse. Après sept ans comme paysagiste, elle affirme avoir dit adieu à la fatigue mentale et au mal de dos, tout en gagnant mieux sa vie qu'avant.

Un changement de cap radical après une rupture

Titulaire d'un master en gestion des catastrophes et des risques naturels obtenu à Montpellier, Hélène concevait des plans de gestion de crise pour les communes face aux incendies, inondations ou mouvements de terrain. À 30 ans, après une rupture amoureuse, elle ne supporte plus son quotidien : « Toujours dans un bureau alors que je voulais faire du terrain. Plus je montais en compétences, plus j'étais enfermée. Et le salaire ne suivait pas. »

Son projet initial : partir un an au Canada en PVT (Passeport vacances travail). Sa rupture conventionnelle acceptée, elle se sent « sûre de moi, libérée ». Le Covid met fin à ce départ. Plutôt que de rester au chômage, elle se tourne vers le métier de paysagiste, une profession « 100 % dehors ».

Une formation financée par la Région

Après des stages en pépinière, en création de jardins et en taille d'arbres, Hélène passe un CAPA d'ouvrier paysagiste. La formation, financée par la Région, dure huit mois à Castries. Elle y rencontre Ryan, le père de son enfant à naître. « J'aidais les gars à réviser les 200 plantes à connaître en latin et en français, je leur donnais des astuces mnémotechniques. Eux m'aidaient à utiliser les machines thermiques – taille-haie, tronçonneuse, débroussailleuse –, entretenir le matériel, faire de la mécanique. »

Le côté concret du métier la séduit immédiatement : « Je taille une haie, je vois le résultat en 2 heures et le client est content. » Dans son ancienne vie, les études pouvaient prendre « 3 ou 4 ans sans voir de résultat ».

Une vie transformée : sommeil, poids et moral

D'un 9 h-17 h en bureau, Hélène est passée à une journée continue de 7 h à 14 h dehors. La fatigue mentale s'est transformée en fatigue physique. « Je dors très bien la nuit, je fais la sieste et j'ai l'impression d'avoir une vie après le boulot, c'est vraiment génial ! » Elle a perdu naturellement 7 à 8 kilos et ne fait plus attention à ce qu'elle mange. Fini aussi le mal de dos : « Je ne pourrai pas retravailler en bureau, c'est sûr. »

Côté salaire, elle gagne aujourd'hui 1 900 euros en moyenne comme cheffe de chantier, contre 1 600 euros avant, avec un camion-benne de fonction et l'essence payée. Elle a dû faire face à quelques remarques sexistes de clients – « Mais vous êtes seule, vous allez y arriver ? » – mais les excuses ont suivi devant le travail effectué.

Un avenir déjà pensé

Ce qu'elle préfère : avoir carte blanche pour remettre en état un jardin. La reconversion lui a apporté davantage confiance en elle. Consciente que le métier est physique, elle envisage l'après : « Je me laisse jusqu'à 55 ans. J'ai déjà eu des tendinites, des doigts qui se bloquent. Je suis bien calée en plantes, je pourrai passer en pépinière par exemple. » Son conseil : « Quand tu as envie de changer, il faut étudier les risques et y aller, sinon tu vas le regretter. »