La commission des finances de l’Assemblée nationale a adopté, vendredi 9 octobre 2026, un amendement visant à augmenter le plafond du Livret A de 22 950 à 30 000 euros. Cette mesure, déposée par le député LFI Éric Coquerel dans le cadre du projet de budget 2027, représente une augmentation de 7 050 euros, soit environ 30,7 % du plafond actuel. Elle pourrait entrer en vigueur dès 2027, sous réserve de son adoption définitive.
Un gain potentiel de 119,85 euros par an pour les épargnants
Selon les calculs rapportés par Midi Libre, au taux actuel de 1,7 %, un capital de 22 950 euros génère en moyenne 390,15 euros d’intérêts sur une année complète. Avec un plafond porté à 30 000 euros, les intérêts annuels peuvent atteindre 510 euros, soit 119,85 euros supplémentaires. Une augmentation d’autant plus intéressante que les intérêts du Livret A sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
Historiquement, le Livret A n’a été relevé qu’une seule fois, sous la présidence de François Hollande. Son plafond avait d’abord été relevé de 15 300 euros à 19 125 euros en octobre 2012, puis à 22 950 euros le 1er janvier 2013. Selon la Banque de France, 83 % des Français possédaient un Livret A fin 2025.
Un financement pour le logement social
L’amendement vise à mobiliser davantage d’épargne pour financer la rénovation des logements sociaux. L’objectif affiché est de dégager 5 milliards d’euros pour soutenir ces travaux, dans le cadre notamment de l’adaptation des bâtiments au changement climatique. Le texte prévoit en outre d’augmenter la part des fonds du Livret A centralisée à la Caisse des dépôts et consignations, qui finance une grande partie du logement social.
D’après Éric Coquerel, cette mesure pourrait permettre de récupérer plusieurs milliards d’euros auprès des Français. Pour le Cercle de l’Épargne, le relèvement du plafond à 30 000 euros pourrait « potentiellement » générer 10 milliards d’euros d’encours supplémentaires (les sommes placées).
Les critiques des acteurs financiers
Olivier Gavalda, le président de la Fédération bancaire française (FBF), s’était déjà opposé à cette piste en septembre, lorsque la mesure avait été proposée par la ministre de la Transition écologique. Il avançait que relever le plafond « ferait instantanément grimper l’encours, ce qui représenterait des intérêts qui échapperaient à l’impôt ».
Auprès de BFMTV, Louise Girard, analyste de marchés chez XTB France, ajoute que cette mesure pourrait davantage bénéficier aux personnes qui sont en capacité de remplir cette enveloppe. « Les ménages qui peinent à mettre de l’argent de côté ne profiteront pas directement de cette mesure », explique-t-elle. Le Cercle de l’Épargne avance de son côté que cette mesure entraînerait un « manque à gagner fiscal », qui sera « faible si les sommes viennent de comptes courants non rémunérés, mais plus important si elles sont transférées de placements fiscalisés ».
À noter que cela pourrait bientôt changer : dans une note publiée le 21 septembre, la Cour des comptes a en effet préconisé de taxer à hauteur de 31,4 % les intérêts des sommes détenues au-delà du plafond.