Notre-Dame-des-Landes : la ZAD face à la compensation du CRA
ZAD : la compensation du CRA suscite la colère

Huit ans après l'abandon du projet d'aéroport, l'État a décidé d'utiliser une partie des terres de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes pour compenser la destruction de l'une des dernières forêts urbaines du nord de Nantes. Cette destruction est liée à la construction d'un centre de rétention administrative (CRA), dont le permis de construire a été délivré il y a deux semaines. Le préfet de Loire-Atlantique a ensuite accordé, mardi 1er septembre, l'autorisation environnementale du projet.

Des parcelles de la ZAD mobilisées pour la compensation

Dans un communiqué, la préfecture indique que plusieurs sites seront mobilisés pour des « mesures de compensation et/ou d'accompagnement ». Parmi eux, des parcelles du lieu-dit La Freusière, à Notre-Dame-des-Landes, dont l'État est propriétaire. Cette décision suscite la colère des habitants de la ZAD et des opposants au CRA.

« C'est aberrant, souffle Benjamin Cuena, membre de la coordination Colère CRA. Ces terres ont été préservées du béton après des années de luttes pour servir l'agriculture, et aujourd'hui, l'État veut de nouveau s'en servir pour cautionner le bétonnage d'un CRA. » Pour Manu, habitant de la ZAD, ce choix est un « cynisme » de la part de l'État. « Le terme de compensation est assez mensonger, estime-t-il, les parcelles concernées par ce projet sont cultivées de manière raisonnée, les chemins sont entretenus, les haies sont entretenues. Le gouvernement n'a rien prévu de plus. »

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Le préfet justifie des mesures de renaturation

Le préfet de Loire-Atlantique justifie ces actions par « la renaturation de secteurs qui sont actuellement dégradés ». Les mesures prévues à Notre-Dame-des-Landes et à Vigneux-de-Bretagne comprennent « la désartificialisation des sols, le déblaiement des remblais, le décompactage et l'amendement de terre agricole, le renforcement des haies et le ramassage de déchets ». Le haut fonctionnaire évoque également des « mesures d'accompagnement » comme le « développement de pilots boisés en évolution libre » pour favoriser « la biodiversité et la fertilité des terres ».

« Les mesures permettent de préserver l'activité agricole et auront un impact très positif sur la qualité écologique du territoire […] et des cours d'eau environnants, et par conséquent sur la biodiversité », maintient-il. Un discours que les opposants qualifient de « poudre aux yeux ».

Des opposants mobilisés contre le projet

« Après l'été que nous avons connu, comment est-il possible de considérer que l'on va compenser la destruction du seul îlot de fraîcheur des habitants en réhabilitant des terres à plusieurs dizaines de kilomètres ? », questionne Benjamin Cuena. Les parcelles de Notre-Dame-des-Landes sont situées à une trentaine de kilomètres du futur CRA.

« Ils nous ont déjà fait le coup », pointe Manu, qui se remémore des années de mobilisations : « Quand on manifestait, on disait qu'on luttait contre l'aéroport et son monde, aujourd'hui, le CRA et sa politique raciste, c'est exactement le monde qu'on ne souhaite pas. Si nous sommes restés à Notre-Dame-des-Landes, c'est pour éviter que ce genre de choses arrivent. »

Le projet de CRA à Nantes avait été annoncé par Gérald Darmanin en 2022. Ce centre, destiné à enfermer des personnes de nationalité étrangère dont l'administration française ne reconnaît pas le droit de séjourner sur le territoire, devrait devenir la plus grande structure de ce genre dans l'Ouest.

Pour lutter contre ce projet, un rassemblement était organisé mardi soir devant la préfecture contre l'abattage des premiers arbres au nord de Nantes. Le 10 octobre, les habitants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes se rendront sur les parcelles visées par le projet de compensation pour y effectuer un semis collectif avec pour objectif : « porter un geste politique et agricole fort. »

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