Une pétition demandant un moratoire « immédiat » sur la chasse dans les forêts incendiées de France a dépassé les 280 000 signatures sur la plateforme Change.org. Écrite par Bruno Valentin, gérant d’un refuge pour animaux dans le Cantal, cette initiative a été mise en ligne avant le début des incendies qui ravagent la Gironde et les Landes. Le texte décrit des animaux « survivants » qui ont « échappé aux flammes » et « luttent pour la survie » face aux brasiers détruisant leurs habitats.
Un appel à la paix pour les terres blessées
« Pourtant, dès l’ouverture de la saison (de la chasse), les fusils vont à nouveau résonner sur ces terres blessées », regrette la pétition. Elle demande « l’interdiction de toute forme de chasse (tir, chasse à courre, vénerie sous terre) dans tous les massifs forestiers ayant subi des incendies » cet été, ainsi qu’un « moratoire de 3 ans minimum, le temps nécessaire pour que la végétation se régénère et que les cycles de reproduction reprennent naturellement ».
En parallèle, une autre pétition a été déposée le 27 juillet sur le site de l’Assemblée nationale. Avec un message identique : « Nous demandons un geste de responsabilité et de solidarité envers le vivant : la suspension temporaire de la chasse pendant la période estivale, en particulier lorsque les risques d’incendie sont élevés. »
Les chasseurs s’insurgent
Du côté des chasseurs, ces demandes provoquent de vives réactions. « Un moratoire national serait aberrant », a déclaré au Parisien le directeur général de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Nicolas Rivet, qui affirme faire confiance « au bon sens local des chasseurs ». Le président de la FNC, Willy Schraen, est encore plus cinglant. Interrogé par La Dépêche du Midi, il qualifie la pétition de « ridicule » et « idéologique d’écolos qui n’y connaissent rien ».
Une suspension légalement possible localement
Légalement, une telle mesure n’est pas inenvisageable à l’échelle locale. L’article R. 424-3 du Code de l’environnement prévoit qu’« en cas de calamité naturelle telle qu’un incendie, le préfet peut suspendre l’exercice de la chasse, partiellement ou totalement » dans son département. Ainsi, malgré l’opposition des chasseurs, des décisions locales pourraient être prises pour protéger les espèces vulnérables dans les zones sinistrées.



