Incendies dans le Var : le difficile travail des « gratteurs » militaires
Var : les sapeurs militaires face aux reprises d'incendies

L'incendie de Pontevès-Cotignac, qui s'est étendu à Correns et Châteauvert, illustre la difficulté de la lutte contre les reprises de flammes. Depuis cinq jours, les pompiers militaires travaillent sans relâche pour éviter que le feu ne reparte. Le capitaine Thomas, sapeur sauveteur militaire dont le nom de famille n'est pas divulgué, décrit son métier comme « gratter les lisières ».

Trois feux, trois défis différents

Envoyé en renfort dans le Var, le capitaine Thomas a participé à trois incendies majeurs en quelques semaines : à Die (4 400 hectares dans la Drôme), à Fontainebleau (2 000 hectares en Seine-et-Marne) et à Pontevès, où le bilan approchait les 4 000 hectares ce dimanche 26 juillet. Selon lui, « il n'y en a aucun qui se ressemble ». À Die, le travail a été marqué par « énormément de dénivelés » et des forêts peu accessibles, nécessitant de dérouler de grandes longueurs de tuyaux. À Fontainebleau, le feu était « très sournois », se propageant dans le sol sans signe visible en surface : « Un feu de tourbe nécessite énormément de grattage, énormément d'eau. On a adapté nos techniques. »

Les feux méditerranéens, un défi visuel mais intense

En comparaison, les feux méditerranéens comme celui de Pontevès sont plus visuels, mais pas moins compliqués. « Ici, c'est un mélange de dénivelé et de forêts de résineux », explique le capitaine. La végétation dense et inflammable a provoqué « des reprises virulentes, avec des flammes très hautes ». Il ajoute : « Ce sont des feux qui dégagent un gros rayonnement de chaleur et énormément de flammes. Cela peut être très vite dangereux. »

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Le travail des « gratteurs » : fignoler après les pompiers civils

Les sapeurs militaires n'ont pas de véhicule spécialisé ; ils travaillent à pied avec des sortes de râteaux pour remuer la terre et « séparer le brûlé de ce qui est encore vert ». En complément, ils procèdent au « noyage » avec des lances incendie. Le capitaine Thomas fait partie des renforts nationaux, envoyés en appui des groupes civils pour « fignoler le travail ». Un effectif de 120 militaires du premier Régiment d'instruction et d'intervention de la sécurité civile de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) a été déployé dans le Var.

Ces interventions montrent que la bataille contre les incendies ne s'arrête pas à l'extinction apparente. Comme le souligne le capitaine, « un feu qu'on ne voit plus avancer n'est pas forcément un feu éteint ». Les reprises incessantes à Pontevès en sont la preuve, avec un bilan qui atteint 4 000 hectares et des efforts continus pour éviter que les flammes ne reprennent.

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