Des dizaines de milliers de voyageurs sont bloqués en Indonésie après que l'éruption du volcan Anak Krakatau a provoqué la prolongation, jusqu'à lundi soir, de la fermeture de quatre aéroports, dont le principal aéroport international de Jakarta. Selon la direction de l'aéroport Soekarno-Hatta, 243 vols intérieurs et internationaux ont été annulés ou retardés pour la seule matinée de lundi, affectant près de 30 000 passagers. Au total, plus de 270 000 passagers ont été touchés depuis samedi par des vols annulés, retardés ou déroutés, a précisé le ministère des Transports dans un communiqué lundi.
Une éruption qui perturbe le trafic aérien
Le volcan Anak Krakatau, dont le nom signifie « enfant du Krakatau », est entré en éruption samedi 5 septembre, avec une coulée de lave et des détonations audibles à plusieurs centaines de kilomètres. De nouvelles éruptions ont été enregistrées dimanche et d'autres sont redoutées, a indiqué l'agence de volcanologie. L'Anak Krakatau est une île volcanique située dans le détroit de la Sonde, entre les îles de Java et de Sumatra.
En conséquence, le trafic aérien a été suspendu dimanche dans huit aéroports indonésiens, et cette mesure a été prolongée jusqu'à lundi soir pour au moins quatre d'entre eux. « En lien avec l'augmentation de l'activité éruptive du mont Anak Krakatau, les vols dans plusieurs aéroports sont suspendus », a fait savoir lundi matin l'entreprise Angkasa Pura, gestionnaire de l'aéroport international Soekarno-Hatta, sur les réseaux sociaux.
Des voyageurs dans l'attente
Michel Miegge, un touriste italien qui a passé des vacances avec sa petite amie en Indonésie, cherche à rentrer en Europe pour reprendre le travail mardi. « Je ne pense pas que ce soit possible pour l'instant. Nous avons trouvé un hôtel à proximité, mais nous avons vu que beaucoup d'établissements affichaient complet. Heureusement, nous en avons réservé un hier soir, mais la situation est difficile », a témoigné auprès de l'AFP cet ingénieur informatique de 32 ans. « Nous n'avons aucune nouvelle de la compagnie aérienne. Nous ne savons pas si nous allons rester une journée de plus à Jakarta ou trouver un autre vol », a-t-il ajouté.
La liaison internationale la plus touchée est celle reliant Jakarta à Singapour, selon le ministère des Transports. Plusieurs aéroports dans des villes comme Semarang et Surabaya ont été préparés comme « alternatives pour l'atterrissage », a déclaré dimanche le ministre des Transports, Dudy Purwagandhi. Baldwin Jehanno, chocolatier français résidant à Jakarta, en déplacement professionnel à Singapour pour la Conférence internationale sur le cacao, a vu son vol sur la compagnie Pelita Air annulé. « Mon vol sur la compagnie Pelita Air prévu ce lundi a été annulé et reporté à... jeudi, c'est très tard », a-t-il indiqué, joint au téléphone par l'AFP. « Je suis hébergé chez de la famille, donc ça va, j'ai de la chance ».
Des risques pour les avions et un passé meurtrier
L'agence de volcanologie indonésienne a précisé que « la menace liée à une éruption provient de l'éjection de roches incandescentes accompagnée d'importantes retombées de cendres. Un autre risque potentiel découle des coulées de lave si l'éruption reprend et se poursuit ». Les cendres sont dangereuses pour les moteurs des avions.
Situé à 150 km de Jakarta, le volcan Anak Krakatau connaît une activité sporadique depuis son émergence au début du siècle dernier, au sein de la caldeira formée après son éruption de 1883 (alors nommé Krakatoa), l'une des plus meurtrières de l'histoire avec un bilan estimé à 35 000 morts. Un tsunami survenu en 2018, provoqué par l'effondrement de certaines parties du même Anak Krakatau, avait fait 429 morts et entraîné le déplacement de milliers d'habitants. L'Indonésie, vaste archipel d'Asie du Sud-Est, est située sur la ceinture de feu du Pacifique, où la rencontre de plaques continentales engendre une intense activité volcanique et sismique.



