Noyage des lisières : le travail ingrat des pompiers pour fixer l'incendie de Pontevès
Noyage des lisières : le travail ingrat des pompiers à Pontevès

Depuis sept jours, l'incendie de Pontevès, dans le Var, n'en finit pas de reprendre. Pour le fixer définitivement, les sapeurs-pompiers mènent un travail de fond ingrat mais indispensable : le noyage des lisières. Ce mardi 28 juillet 2026, le long des 160 kilomètres de périmètre, des équipes crapahutent dans des collines escarpées, parfois en rampant, avec de lourds tuyaux, des tronçonneuses et des sacs d'eau sur le dos.

Un traitement de fond contre les reprises

« C'est grâce à ce traitement de fond que le feu sera définitivement fixé, quand les conditions seront réunies », explique l'adjudant-chef Dimitri Rulla, chef de groupe du centre de secours de Bormes-Le Lavandou. « On est arrivés ce matin pour une durée de 24 heures. Notre rôle, le noyage des lisières, est un peu ingrat, mais il est très important. » La lisière, c'est la limite entre le brûlé et le non-brûlé, là où quelques fumerolles apparemment inoffensives peuvent rapidement se transformer en brasier.

Les sapeurs-pompiers agissent dès que le feu perd en intensité. Ils établissent des lances sur 100, 200, 300 mètres, utilisent des seaux pompes dorsaux pour traiter toutes les fumerolles. Des équipes équipées de tronçonneuses coupent les arbres qui fument pour vérifier si la souche est atteinte. « Si elle brûle de l'intérieur, on la noie », précise l'adjudant-chef.

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Une intervention invisible mais dangereuse

Le travail est moins spectaculaire que l'affrontement des grandes barrières de flammes, mais tout aussi dangereux. « C'est la partie la plus délicate pour nous, ajoute Dimitri Rulla. À partir du moment où le vent se lève, le feu peut se réactiver, c'est très sensible. » Les pompiers doivent être minutieux, car une fumerolle négligée peut entraîner une reprise dévastatrice. La nuit, alors que l'activité du feu diminue, « le travail de proximité est développé, de nombreux établissements sont lancés sur les différentes lisières », souligne le lieutenant-colonel Michel Audier, commandant des opérations de secours.

Des renforts internationaux

Ce mardi, une équipe de sapeurs-pompiers roumains participe également aux actions d'extinction en profondeur, notamment sur la D580 entre Barjols et Brue-Auriac, un point estimé sensible. Le feu évolue rapidement l'après-midi, avec la hausse des températures et la baisse de l'humidité. En dehors de ces périodes, les équipes multiplient les établissements sur les lisières pour sécuriser le périmètre.

Le sapeur Julie Venturini, du centre de Bormes-Le Lavandou, est engagée ce mardi à Barjols. Elle témoigne d'un vrai travail de minutie, portant de l'eau sur des sites accidentés, parfois inaccessible aux engins. Les pompiers doivent souvent se déplacer à pied, chargés de matériel, pour atteindre les zones les plus reculées.

Un suspect mis en examen

Parallèlement, un suspect de 23 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire pour des reprises circonscrites à Barjols et Correns. L'enquête se poursuit pour déterminer les causes de l'incendie qui a déjà ravagé des milliers d'hectares.

Le travail de noyage des lisières se poursuivra tant que le feu ne sera pas totalement éteint. Les pompiers restent mobilisés jour et nuit, dans des conditions difficiles, pour protéger les habitants et les forêts du Var.

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