West Nile : 92 cas humains, un record en France
West Nile : 92 cas humains, un record en France

Santé publique France a enregistré un nombre record de 92 cas humains autochtones d'infections au virus West Nile en France hexagonale, selon son bilan arrêté au 14 septembre 2026 et publié mercredi. Ce chiffre, en hausse de 36 cas par rapport à la semaine précédente, marque une année complètement atypique, selon l'agence sanitaire.

Une répartition géographique inédite

Les cas se répartissent dans sept régions : Provence-Alpes-Côte d'Azur (3 départements), Occitanie (5 départements), Île-de-France (6 départements), Auvergne-Rhône-Alpes (Drôme), Nouvelle-Aquitaine (Gironde), Pays de la Loire (2 départements) et Centre-Val de Loire (Loiret). Pour la première fois, des cas humains ont été détectés dans l'Aude, la Seine-et-Marne, la Drôme, la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et le Loiret, précise Santé publique France.

Le virologue montpelliérain Yannick Simonin souligne que cette situation fait suite à d'autres records récents : « L'an dernier, on a battu le nombre de cas autochtones de chikungunya, il y a trois ans, c'était la dengue. Cette année, c'est le virus West Nile. On est clairement dans une situation qui demande à être plus vigilant. » En 2025, 62 cas autochtones humains de West Nile avaient déjà été recensés, un record à l'époque.

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Le rôle des moustiques Culex et du changement climatique

Contrairement à la dengue ou au chikungunya, le West Nile n'est pas transmis par le moustique tigre (Aedes albopictus) mais par les moustiques communs des marais, du genre Culex. Pour infecter les humains et les chevaux, ces moustiques doivent d'abord piquer un oiseau infecté, considéré comme réservoir de la maladie. L'est de l'Occitanie et l'ouest de Provence-Alpes-Côte d'Azur sont les zones les plus touchées.

Yannick Simonin explique que le moustique tigre a besoin de petites surfaces d'eau pour se multiplier, conditions qui n'ont pas été réunies cette année. Le Culex, lui, prolifère dans les étangs et les retenues d'eau, y compris en région parisienne, aux Pays-Bas et en Belgique. « On suppose que le changement climatique a été favorable à la concentration du virus, transmis plus facilement aux oiseaux », suggère le scientifique.

Une maladie sous-diagnostiquée et des formes graves

Le West Nile a également infecté plus de 250 chevaux, « le double de l'an dernier », selon Yannick Simonin. La maladie n'est pas banale : si 80 % des cas sont asymptomatiques, 20 % présentent des symptômes grippaux et ne font pas l'objet d'un test de détection. La maladie est donc « très largement sous-diagnostiquée » et le nombre de cas humains sous-estimé. Dans 1 % des cas, la forme est grave, avec de possibles atteintes du cerveau, notamment chez les personnes âgées ou immunodéprimées. En 2025, 51 décès avaient été enregistrés en France.

« Le virus gagnant du changement climatique en Europe, c'est le West Nile », commente Yannick Simonin, qui appelle à tirer les leçons de cette situation. Il préconise de mettre en place des outils pour détecter plus tôt la circulation du virus, par exemple dans les fientes des oiseaux ou via des analyses d'eau dans les étangs. Il faudra attendre l'automne pour faire le bilan, car « le virus peut circuler jusqu'en novembre ».

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