Le projet Tropicalia, présenté comme « la plus grande serre tropicale à énergie positive du monde », ne verra pas le jour dans le Pas-de-Calais. Son fondateur, Cédric Guérin, vétérinaire originaire de Montreuil-sur-Mer, a annoncé l'abandon définitif ce mercredi, après trois ans de silence qui laissaient présager une issue défavorable.
Un projet ambitieux dès 2018
Lancé en 2018, le projet prévoyait l'implantation d'une serre tropicale de 20 000 m² sur la Côte d'Opale. Cette initiative a rapidement divisé l'opinion : des enthousiastes d'un côté, des opposants de l'autre, et des collectivités locales partagées. Malgré les attaques en justice d'associations dénonçant un « non-sens écologique et financier », Tropicalia a obtenu un permis de construire et réussi à lever 7 millions d'euros. Sur cette somme, 2,5 millions ont servi à l'achat d'un terrain de 7 hectares.
Des difficultés de financement persistantes
Ces premiers fonds provenaient d'investisseurs privés, de particuliers via un financement participatif, et de la Communauté d'Agglomération des Deux Baies en Montreuillois. Cependant, la région des Hauts-de-France n'a pas apporté son soutien, contraignant Cédric Guérin à chercher des financements à l'étranger. « Il y a un an et demi, nous avons trouvé un accord pour un prêt de 100 millions d'euros », assure-t-il à 20 Minutes, précisant que l'accord venait « du côté de l'Afrique », sans plus de détails.
L'échec de la dernière chance
Mais cet accord ne s'est jamais concrétisé pour « des raisons techniques financières », selon le fondateur. Cette solution représentait la dernière chance pour le projet, et son échec a contraint l'ancien vétérinaire à jeter l'éponge. Tropicalia est donc enterré, du moins en France. Reste à rembourser les 7 millions d'euros aux premiers investisseurs.
Le fonds d'investissement qui a avancé les 2,5 millions pour l'achat du terrain se remboursera en le revendant, « soit à la communauté d'agglomérations, soit à des promoteurs », explique Cédric Guérin. Pour le solde de 4,5 millions, l'entrepreneur compte vendre le projet clé en mains à l'étranger. « On a reçu des marques d'intérêt en Asie, ils aiment ce genre de projets là-bas et il y a les financements », assure-t-il, laissant entrevoir une possible renaissance du concept ailleurs dans le monde.



