Selon une étude publiée par l'Observatoire des prix et des marges, les prix des courgettes, tomates et haricots verts ont bondi de 30% en un an. Cette hausse s'inscrit dans une tendance durable qui rend l'accès aux fruits et légumes de plus en plus difficile pour les ménages aux revenus modestes, alertent les associations de consommateurs.
Une augmentation généralisée des produits frais
L'étude, réalisée entre juin 2025 et juin 2026, montre que le panier moyen de légumes frais a augmenté de 28% sur la période. Les courgettes ont vu leur prix grimper de 32%, les tomates de 29% et les haricots verts de 31%. Cette flambée des prix est attribuée à plusieurs facteurs : les aléas climatiques ayant affecté les récoltes en Espagne et en France, la hausse des coûts de l'énergie et du transport, ainsi que l'augmentation des coûts de main-d'œuvre dans le secteur agricole.
Interrogé par nos confrères, le président de la Fédération des producteurs de légumes, Jean-Pierre Durand, explique : « Les producteurs subissent de plein fouet l'inflation des intrants, et les marges des distributeurs restent élevées. Le consommateur paie le prix fort, et ce n'est pas près de s'arrêter. »
Un accès aux fruits et légumes de plus en plus inégalitaire
Cette tendance à la hausse des prix des fruits et légumes n'est pas nouvelle. Depuis 2020, les prix ont augmenté de près de 15% en moyenne chaque année, bien au-delà de l'inflation générale. Les associations de consommateurs, comme l'UFC-Que Choisir, dénoncent une « fracture alimentaire » qui se creuse. « Les fruits et légumes deviennent un luxe pour les plus pauvres, alors qu'ils sont essentiels à une alimentation équilibrée », déclare Marie Dupont, porte-parole de l'association.
Selon une enquête de l'Institut national de la statistique, 34% des ménages les plus modestes déclarent avoir réduit leur consommation de fruits et légumes frais au cours des derniers mois, contre seulement 8% des ménages aisés. Cette différence illustre l'impact social de la hausse des prix.
Des solutions insuffisantes face à une tendance durable
Le gouvernement a mis en place plusieurs mesures pour tenter d'atténuer cette hausse, comme le chèque alimentaire ou le bouclier qualité-prix dans les outre-mer. Cependant, ces dispositifs sont jugés insuffisants par les associations, qui réclament une régulation des marges des distributeurs et un soutien accru à la production locale.
Les experts estiment que cette tendance haussière est structurelle et pourrait se poursuivre dans les années à venir, en raison du changement climatique et de la raréfaction des ressources. « Il faut repenser notre modèle alimentaire, en favorisant les circuits courts et les légumes de saison, mais aussi en aidant les consommateurs à mieux cuisiner et à réduire le gaspillage », conclut Éric Martin, économiste spécialiste de l'agriculture.



