Samedi soir, Emmanuel Macron a répondu indirectement à Donald Trump en affirmant depuis Saint-Pierre-et-Miquelon que ce territoire est « français » et « attaché à la France », après la publication par le président américain d'une carte représentant toute la région sous le drapeau des États-Unis. Le chef de l'État a ajouté : « On ne va pas [l'] affirmer tous les matins parce que des gens ont des idées étranges ou disent des choses étranges ». Cette déclaration a été faite à son arrivée dans cet archipel situé à 4 300 kilomètres de Paris, pour une visite de deux jours à forte consonance géopolitique.
Un « message fort » envoyé avec le Canada
Emmanuel Macron accueillera dimanche le Premier ministre canadien Mark Carney à Saint-Pierre, une première dans l'histoire locale. L'archipel se trouve à quelques kilomètres des côtes canadiennes et à quelques jours de mer du Groenland, devenu un enjeu stratégique autour de l'Arctique. « Ça envoie un message fort », a souligné le président, face à un Donald Trump qui considère cette partie du monde comme sa chasse gardée et menace régulièrement d'annexer le Canada, auquel il livre une guerre commerciale.
Vendredi, Donald Trump a semblé mettre un terme, au moins provisoirement, à ses visées sur le Groenland en concluant un accord de « sécurité » avec le Danemark sur ce territoire autonome. Emmanuel Macron a réagi : « La souveraineté danoise est respectée, le droit international est respecté […] tout ce qui va dans le sens de l'apaisement est une bonne chose ». Il s'est toutefois refusé à commenter une éventuelle « reculade » du président américain.
Vie chère, déclin démographique et menace climatique
Lors de cette visite, le chef de l'État doit également répondre aux attentes de cet archipel de 5 800 habitants, marqué par la fin de l'âge d'or de la pêche à la morue. Le territoire cumule vie chère, déclin démographique et menace climatique. Des annonces sont attendues sur plusieurs dossiers sensibles, notamment le déplacement du village de Miquelon, menacé par la montée des eaux, et la réhabilitation du port de Saint-Pierre, dont certains quais menacent de s'effondrer.
Emmanuel Macron compte aussi faire des « annonces » sur les moyens militaires de l'archipel, où seul un vieux patrouilleur est stationné et dont le remplacement tarde. Ces mesures devraient être précisées lors de son déplacement, alors que la région connaît des tensions croissantes liées aux ambitions américaines et aux enjeux arctiques.



