« J’étais punie parce que je lisais trop », confie Marie, 45 ans, en évoquant son enfance. Comme elle, de nombreuses femmes ont grandi avec l’idée que la lecture était une activité suspecte, voire répréhensible. Aujourd’hui, les clubs de lecture féminins connaissent un essor spectaculaire, offrant un espace de liberté et de partage.
Une pratique longtemps stigmatisée
Selon une étude de l’université de Grenoble publiée en juin 2026, 68 % des femmes interrogées déclarent avoir été critiquées ou punies pour leur goût de la lecture pendant leur enfance ou adolescence. « Lire était perçu comme une perte de temps, voire une forme de désobéissance », explique la sociologue Claire Dubois, auteure principale de l’étude. Les garçons, en revanche, étaient rarement stigmatisés pour la même activité.
L’essor des clubs de lecture féminins
Face à ce constat, les clubs de lecture exclusivement féminins se multiplient. En France, leur nombre a augmenté de 40 % entre 2020 et 2025, passant de 2 500 à 3 500 clubs recensés. « Ces clubs sont des échappatoires », affirme Dubois. « Ils permettent aux femmes de vivre leur passion sans jugement, et de créer des liens autour de la littérature. »
Un espace de liberté et de partage
Les participantes y trouvent non seulement une validation de leur pratique, mais aussi un lieu d’échange intellectuel et émotionnel. « Dans mon club, on peut parler de tout, des livres bien sûr, mais aussi de nos vies », témoigne Sarah, 32 ans, membre d’un club à Lyon. L’étude révèle que 85 % des membres considèrent leur club comme un « refuge ».
Des bienfaits psychologiques avérés
Les clubs de lecture auraient également des effets positifs sur la santé mentale. D’après l’étude, 72 % des participantes disent se sentir moins isolées depuis qu’elles ont rejoint un club, et 64 % estiment que cela a amélioré leur estime de soi. « Le partage de lectures permet de se sentir comprise et valorisée », conclut Claire Dubois.



