Les violences survenues en marge des manifestations du 17 octobre à Paris ont laissé des traces durables sur le réseau de vélos en libre-service. Selon un comptage réalisé par l'AFP, plus d'un millier de vélos ont été volés, incendiés ou dégradés dans la capitale, soit environ 5 % des 40.000 engins électriques proposés par Lime, Dott, Voi et Vélib'. Les pertes financières sont considérables pour les entreprises concernées.
Des pertes financières importantes pour les opérateurs
L'opérateur suédois Voi estime avoir perdu entre 300 et 400 vélos, pour un préjudice compris « entre 900.000 et un million d'euros pour ce seul week-end ». À l'échelle nationale, la facture atteindrait 1,2 million d'euros. De son côté, Dott recense 300 vélos détruits et 120 fortement endommagés à Paris, pour un coût estimé à 400.000 euros. Lime indique avoir perdu près de 300 vélos, soit 6 % de sa flotte parisienne.
Vélib' remplace 500 vélos après les dégradations
Le réseau Vélib' n'a pas été épargné. Smovengo, son gestionnaire, signale des « dégradations importantes sur 6 stations dont 2 très fortement endommagées et sur plus de 30 bornes d'accroche ». Près de 300 vélos ont également été volés ou dégradés, notamment dans les quartiers de République, Bastille, Châtelet, Gare du Nord et Saint-Lazare. Pour maintenir le service, 500 vélos supplémentaires ont été déployés dès dimanche soir, portant à 21.000 le nombre d'engins disponibles lundi matin. L'objectif est d'« assurer la continuité du service public », explique Benoit Mainguy, directeur général de Smovengo.
Des dégradations également en province
Les violences ont aussi touché plusieurs villes en France. Dott dénombre 80 vélos et trottinettes détruits à Bordeaux et entre 30 et 40 trottinettes perdues à Lyon. Voi évoque aussi des dégradations à Marseille, au Havre et à Grenoble. Ces pertes sont d'autant plus difficiles à absorber que certaines compagnies ne disposent pas d'assurance couvrant les émeutes. Pour Voi, « chaque véhicule détruit est une perte sèche pour l'entreprise ».
Des mesures de sécurité avant les prochaines manifestations
Face au risque de nouveaux incidents, les opérateurs préparent leurs dispositifs de sécurité pour les prochaines manifestations prévues samedi à Paris. Conformément aux recommandations de la préfecture de police, les vélos pourront être retirés ou désactivés dans les secteurs concernés, 24 heures avant le passage des cortèges. Lime a notamment établi une vaste zone d'exclusion entre Châtelet, Gare du Nord, les Grands Boulevards, République et Bastille.
Malgré l'ampleur des dégâts, aucun opérateur interrogé par l'AFP n'envisage pour l'instant de retirer l'ensemble de sa flotte parisienne. Lime assure rester « pleinement mobilisée » et prête à « adapter » son dispositif en fonction de l'évolution de la situation. Les entreprises privilégient ainsi des restrictions ciblées afin de limiter les dégradations tout en maintenant l'accès aux vélos en libre-service.