Couvre-feux localisés : nouvelles mesures dans plusieurs villes françaises
Couvre-feux localisés : nouvelles mesures dans plusieurs villes

Pour la deuxième nuit consécutive, des couvre-feux localisés ont été décrétés ce mardi 20 octobre dans plusieurs villes françaises, afin de prévenir de nouvelles violences après la journée de mobilisation du 17 octobre. La nuit de lundi à mardi s'est déroulée sans incident notable dans le pays, selon la police et la gendarmerie. Ces mesures ciblées à Paris, Lyon, Bordeaux, Lille ou Nice « y ont contribué », a estimé le Premier ministre Sébastien Lecornu devant les députés. De nouveaux couvre-feux seront décidés « là où la situation le nécessite », a-t-il ajouté.

Paris : couvre-feu renforcé autour de la République et des Halles

À Paris, un nouveau couvre-feu a été instauré autour de la place de la République et du secteur des Halles, de ce mardi 23 heures jusqu'à mercredi 6 heures, selon un arrêté de la préfecture de police. Un autre arrêté interdit « tout rassemblement non déclaré » de ce mardi 20 heures à mercredi 6 heures dans certains secteurs de la capitale. À la demande de la préfecture, certaines stations de métro sont également fermées dès 22 heures, précise la RATP : République, Châtelet-les-Halles et les Halles.

Un couvre-feu avait déjà été instauré pour la nuit de lundi à mardi, interdisant « strictement toute présence » sur la place de la République et dans le secteur des Halles, touchés ce week-end par des pillages. Grâce à cette mesure, estime la préfecture, « la paix publique » a été « restaurée ». « La mesure se poursuit aujourd'hui et aussi longtemps que cela sera nécessaire. Il n'y aura jamais de conditionnel aux mesures permettant la protection des biens et des personnes », assure la préfecture sur son compte X.

L'interdiction de manifester à partir de 20 heures ce mardi jusqu'à 6 heures mercredi concerne des secteurs plus vastes de la capitale : la place de la République, le quartier des Halles, l'avenue des Champs-Élysées, les abords de l'Élysée, du ministère de l'Intérieur, de l'Assemblée nationale, Matignon, le Sénat, la place de la Bourse, la Bastille, la place d'Italie, la place Vendôme, l'île de la Cité et les gares parisiennes.

Marseille : couvre-feu pour les mineurs dans plusieurs quartiers

À Marseille, un couvre-feu localisé pour les mineurs est instauré dans certains quartiers, notamment dans l'hypercentre, à partir de 22 heures ce mardi et au moins jusqu'à vendredi inclus, a annoncé la préfecture des Bouches-du-Rhône. « La présence des mineurs sera interdite pendant les horaires du couvre-feu, soit de 22 heures à 5 heures, jusqu'à vendredi inclus », dans plusieurs rues du centre-ville ainsi qu'à proximité des centres commerciaux, indique la préfecture dans un communiqué.

Outre le centre-ville de Marseille, le couvre-feu concerne également des secteurs d'Aubagne et la zone commerciale de Plan de Campagne, victime d'une tentative de pillage samedi. Le maire divers gauche de Marseille, Benoît Payan, a jugé sur X que « cette décision, si elle peut soulager les commerces et faciliter le travail des forces de l'ordre, doit être accompagnée d'un déploiement suffisant de forces de police sur l'ensemble de la ville, afin que Marseille ne subisse plus les actes de violence, de casse et de vandalisme que l'on a connus ».

Toulouse : couvre-feu autour du Capitole de jeudi à dimanche

La préfecture de Haute-Garonne a annoncé un couvre-feu à Toulouse durant les nuits de jeudi à dimanche, de minuit à 5 heures, limité à un périmètre autour du Capitole et de quelques rues commerçantes du centre-ville. Cette mesure vise à « prévenir des exactions supplémentaires », notamment concernant les commerces qui ont été la cible de pillages samedi, et à empêcher « de nouveaux actes quasi insurrectionnels » de la part de groupes qui « chercheraient à s'attaquer de nouveau à des symboles de notre République, et donc en ce qui nous concerne, le Capitole », a-t-on expliqué à la préfecture.

Rappelant les « violences inouïes » commises le 17 octobre dans la Ville rose et « considérant la forte probabilité que ces violences se reproduisent, il est absolument nécessaire de revenir à une vie apaisée à Toulouse », a noté la préfecture dans un communiqué. Ce couvre-feu s'applique aux majeurs comme aux mineurs. Des dérogations de circulation sont possibles sur justificatif, mais les infractions seront passibles d'une amende de 750 euros.

Lyon, Lille et d'autres villes concernées

À Lyon, le préfet Étienne Guyot a décidé de renouveler le couvre-feu dans l'hypercentre, tout comme l'interdiction des attroupements de 16 heures à 21 heures, selon un communiqué. Le couvre-feu est instauré dans un périmètre où plus de 150 boutiques ont été vandalisées. Le périmètre comprend la place Bellecour, où les manifestants s'étaient rassemblés samedi et où une antenne de l'office de tourisme a été incendiée et détruite.

À Lille, le couvre-feu ne concerne que les mineurs non accompagnés. Dans le Nord, d'autres villes sont concernées, notamment Denain, Douai et Wattignies, précise le quotidien local « La Voix du Nord ». Ces mesures s'ajoutent à celles déjà prises à Bordeaux et Nice, où des couvre-feux localisés ont également été instaurés. Le gouvernement maintient sa ligne : des couvre-feux seront décidés « là où la situation le nécessite », a répété le Premier ministre.