Au lendemain des violences qui ont marqué les manifestations du samedi 17 octobre à Paris et dans plusieurs villes françaises, La France insoumise se retrouve au centre des critiques. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon est accusé par ses adversaires de favoriser les débordements. Une enquête de Mediapart publiée ce mardi 20 octobre relance le débat, certains y voyant une manipulation politique.
Des accusations immédiates et une réponse cinglante
Dès samedi soir, le ministre de l'Intérieur Sébastien Lecornu a invité Jean-Luc Mélenchon à « choisir son camp » entre la République et les casseurs. Le leader de LFI a répondu en le qualifiant de « pauvre type ». Jean-Luc Mélenchon refuse de condamner clairement les violences, tout en affirmant que « ceux qui partagent notre combat n'ont rien à faire dans le pillage ». Il dénonce régulièrement l'action du ministre et les interventions policières qu'il juge démesurées, tout en lançant des appels au calme : « Nous devons refuser de participer à des actions sans signification politique et contraire à nos méthodes », a-t-il déclaré après les événements.
Une enquête de Mediapart qui enflamme le débat
Ce mardi, la tension est montée d'un cran après la publication par Mediapart d'une enquête. Un commissaire du renseignement territorial y affirme qu'il lui a été demandé « texto d'écrire que c'est LFI qui est derrière le mouvement alors que c'est objectivement faux de l'avis général des renseignements territoriaux ». La France insoumise a annoncé vouloir poursuivre le ministre de l'Intérieur devant la Cour de justice de la République. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a apporté son soutien sur X : « On a le droit de contester LFI, mais, dans une démocratie, on ne manipule pas la vérité pour éliminer un opposant ». Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, demande au Premier ministre d'arrêter « les déclarations incendiaires ».
Des soutiens et des critiques qui s'opposent
Gérard Larcher, président du Sénat réélu récemment, a estimé lundi dans Le Figaro que la question de l'interdiction de LFI « peut être posée ». De son côté, René Revol, ex-maire LFI de Grabels et proche de Jean-Luc Mélenchon, s'indigne : « La mise en cause de LFI est un scandale ! Depuis le début septembre Jean-Luc Mélenchon s'est exprimé à dix-sept reprises pour dire qu'il ne fallait pas avoir recours à la violence parce que ça dessert le mouvement ». Rhany Slimane, conseiller municipal montpelliérain LFI, dénonce : « L'État a fabriqué un bouc émissaire nommé LFI ».
Lors des questions au gouvernement, mardi après-midi, Sébastien Lecornu a accusé LFI d'« instrumentaliser […] cet article de Mediapart qui fait état d'un off d'un commissaire de police anonyme ». René Revol estime que cette polémique « permet à la droite et aux macronistes de se défausser. Alors qu'ils n'ont rien répondu aux lycéens depuis cinq semaines et jouent le pourrissement. Que leur doctrine et gestion des forces de l'ordre restent très problématiques. Et qu'ils n'assument pas des responsabilités qu'ils font porter sur LFI ».
Enfin, LFI a assuré mardi que son député du Vaucluse Raphaël Arnault, fondateur de la mouvance antifasciste de la Jeune Garde, « aurait été la cible d'une tentative d'interpellation policière planifiée sur les quais de la gare de Lyon, à la descente de son train ». Une intervention qui a échoué selon le communiqué de LFI. Le débat reste donc ouvert entre boutefeu et bouc émissaire.