Gifi en cessation de paiements, sollicite un redressement judiciaire
Gifi : cessation de paiements, redressement judiciaire

L'enseigne de déstockage Gifi, basée à Villeneuve-sur-Lot, a annoncé son état de cessation des paiements et va solliciter son placement en redressement judiciaire. Affaiblie par un bug informatique coûteux et une difficulté à se repositionner face à la concurrence de Temu ou Action, l'entreprise aux 6 000 salariés a vu son chiffre d'affaires chuter à 900 millions d'euros en 2024.

Un projet informatique « Millenium Centrale » en échec

Cette chute s'explique notamment par l'échec du projet informatique « Millenium Centrale », lancé en 2016. Le naufrage de ce projet ambitieux a entraîné une gestion des stocks calamiteuse et des ruptures d'approvisionnement, qui ont lourdement pénalisé l'activité et la trésorerie. Dans un contentieux lié à ce projet, la société KPC Sud-Ouest a d'ailleurs été condamnée en juillet 2026 à verser plus de 900 000 euros à Gifi.

Un positionnement entre deux gammes infructueux

L'entreprise a également peiné à s'adapter à l'essor du commerce en ligne après la crise du Covid, tandis que des concurrents comme Temu et Action gagnaient du terrain. Autre difficulté : la volonté de monter en gamme pour concurrencer Maisons du Monde, au détriment du positionnement historique de Gifi, fondé sur les petits prix.

Face à cette spirale, deux conciliations ont été engagées en 2024, puis les banques sont entrées au capital en janvier 2025, mettant Philippe Ginestet à l'écart de la direction opérationnelle. Depuis, cinq présidents du directoire se sont succédé.

La procédure de redressement judiciaire

Dans un courrier adressé aux salariés, le nouveau président du directoire de Gifi, Patrick Puy, a déclaré que « pour protéger l'entreprise et poursuivre son activité, nous avons décidé […] de solliciter l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal compétent ». Patrick Puy, dont la nomination a été annoncée il y a quelques jours, a assuré que cette procédure n'entraînerait « par elle-même, aucune conséquence immédiate sur l'emploi et aucun nouveau PSE n'est engagé à ce stade ».

L'avenir de l'enseigne repose désormais sur sa capacité à redresser rapidement la situation et à retrouver les fondamentaux qui ont fait son succès.