Les ports de plaisance de la Côte d'Azur, notamment dans le Var, comptent parmi les plus prisés de Méditerranée, quelle que soit la saison. Un secteur florissant, mais en pleine mutation.
Des listes d'attente interminables
Pour obtenir une place dans un port varois, les plaisanciers doivent souvent patienter cinq, dix, voire trente ans. Les places sont rares et parfois très chères. Parmi la cinquantaine de ports du département, les délais d'attente et les tarifs varient considérablement. En haute saison, la plupart des ports appliquent des majorations importantes. Le contrat annuel reste donc la solution la plus économique pour les résidents ou les habitués, offrant une liberté de navigation. D'autres alternatives émergent, comme les ports à sec, plus économiques et sécurisés.
De nouveaux consommateurs
« La consommation du nautique évolue. Avant, c'était le grand-père qui inscrivait son nom pour obtenir une place à son petit-fils. Aujourd'hui, ce n'est plus vrai, avec la réforme de l'usage. Les nouveaux consommateurs nous disent – selon un sondage Ifop – que la raison de se détourner de la propriété est la charge mentale et administrative. On a plus envie de consommer le bateau comme un lifestyle que d'en être propriétaire », analyse Richard Gibeaud, vice-président de la Fédération des industries nautiques Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Un secteur économique majeur
La plaisance dans la région représente 1,5 milliard d'euros, et le yachting (bateaux de plus de 24 mètres) pèse 1,1 milliard d'euros, générant plus de 10 000 emplois directs et indirects. Une manne à protéger, selon les industriels du nautisme, qui s'opposent à l'arrivée d'UberBoat et à la taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel (Taemup). « À force de contraindre les usages, on aura une réduction d'attractivité pour le territoire, victime de toute cette taxation. Les gens continueront de naviguer parce qu'ils en ont envie... mais comme cela devient trop contraignant, ils iront en Sardaigne, Espagne, Croatie ou Grèce. Et alors toute une partie de cette activité économique qui participe de l'attractivité touristique pourrait disparaître », prévient Richard Gibeaud.
Le Cannes Yachting Festival se tiendra du 8 au 13 septembre.



