À Puilacher, la cave coopérative Clochers et terroirs entre dans le dur des vendanges 2026. La structure doit faire rentrer la production de ses 350 adhérents, soit 500 tonnes de raisin par jour, ce qui représente le maximum de sa capacité. Dès la semaine prochaine, la cave fonctionnera 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, selon un programme établi en fonction de la maturité des cépages.
Une organisation devenue un casse-tête
Mi-août, après dix jours d'ouverture, la vendange 2026 s'intensifie. Ce jeudi, la cave s'apprête à engranger 500 tonnes de raisin, principalement en Chardonnay et Souvignier. Olivier Plut, directeur de la coopérative, explique : « L'objectif, c'est de faire le meilleur vin possible. » Mais cette ambition se heurte aux effets du réchauffement climatique.
« Forcément, le changement climatique désorganise tout. La chronologie de maturité est bousculée entre cépages précoces, intermédiaires et tardifs. Cela complique la donne », ajoute Olivier Plut. Les décalages de maturité se creusent également entre producteurs, selon l'irrigation des parcelles, la conduite de la production, l'exposition du vignoble ou la météo.
Une adaptation nécessaire aux adhérents
« Nous essayons de nous adapter aux coopérateurs, aux demandes. Nous sommes une cave coopérative avec 350 adhérents. Nous devons nous adapter au plus grand nombre pour satisfaire au plus grand nombre. Même s'il y a toujours des exceptions : des parcelles précoces ou plus tardives… », précise le directeur. Les cahiers des charges diffèrent également entre les certifications Terra Vitis, HVE ou bio. « On ne fait plus du tout le même métier qu'il y a 10 ans », insiste-t-il.
L'organisation des vendanges devient un véritable « casse-tête ». Olivier Plut note que « nous avons, je pense, commencé au bon moment […] Lorsqu'on arrive autour du 15 ou 20 août, on a une accélération brutale de la maturité, c'est un peu ce qui est arrivé l'année dernière ». Malgré tout, il se montre satisfait : « Nous sommes très satisfaits des premières rentrées. Il semble que les quantités seront aussi plus importantes que l'année dernière. Heureusement car le millésime 2025 était historiquement bas. »
Des perspectives encourageantes malgré la pression
Un hiver et un printemps pluvieux ont sauvé la récolte 2026, même si « nous souffrons d'une sécheresse estivale ». Les citernes de moût commencent à repartir de la cave. « Il s'agit là de vins de l'année dernière. Mais, dès la semaine prochaine, nous enverrons des moûts de Chardonnay et de Viognier chez des clients. Nous envoyons aussi des jus de raisin chez des clients qu'ils font, eux-mêmes, fermenter », explique Olivier Plut. La rotation des stocks se poursuit sans difficulté, et « nous avons déjà entre 70 % et 80 % de préréservations sur le millésime 2026 ».
Dans une crise « dont on ne voit pas le bout », le cru 2026 pourrait apporter un peu de répit à une profession sous pression économique et climatique. Cette année, le festival Coop live n'a pas eu lieu. « Nous sommes en pleine crise et le message était parfois mal perçu pour une partie des coopérateurs », justifie Olivier Plut, d'autant que la récolte 2025 a été particulièrement mauvaise. Celle de 2026 fera peut-être pencher la balance dans un autre sens.



