Philippe Pradal, conseiller municipal d'opposition à Nice, interpelle directement Éric Ciotti et sa majorité sur l'arrêt de plusieurs chantiers d'envergure. Le chef de file du groupe d'opposition, fidèle lieutenant de Christian Estrosi, s'appuie sur l'alerte lancée par le patron de la fédération maralpine du BTP, Patrick Moulard, qui s'inquiétait le samedi 26 septembre du coup d'arrêt donné à des projets comme la ligne 4 du tramway, les parkings Pont-Michel et Vauban, la piscine Camille-Muffat, ou encore le nouveau palais des expositions.
Des questions précises sur les marchés en attente
« Qu'est-ce qui bloque ? » Telle est la question posée par Philippe Pradal à la nouvelle majorité municipale et métropolitaine. L'élu d'opposition s'interroge sur les raisons de ce coup de frein : « Est-ce une volonté de geler les projets de la précédente mandature pour mieux les rebaptiser plus tard ? Une administration qui attend des instructions qui ne viennent pas ? Ou tout simplement l'aveu qu'après six mois, on sait mieux commenter la gestion passée que conduire la gestion présente ? »
Philippe Pradal demande des comptes et surtout des réponses. Il veut savoir « quels marchés de travaux sont aujourd'hui en attente d'exécution, et depuis quand ? Combien d'ordres de service ont été délivrés depuis le mois de mars ? Quels travaux d'entretien ont été reportés, et quels axes sont concernés ? » Selon lui, l'enjeu est aussi sécuritaire, car ces routes ne seraient plus entretenues qu'« avec des rustines ».
Des conséquences économiques pour le territoire
Philippe Pradal pointe également les conséquences économiques de ce ralentissement de la commande publique. Il rappelle qu'« en quelques mois, le projet de grand hôpital dans la plaine du Var a été abandonné, le pôle glace des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2030 est parti à Lyon et les lignes 4 et 5 du tramway demeurent dans l'incertitude ». Pour les entreprises du BTP, ces choix ne sont pas abstraits : « Un chantier qui ne démarre pas, ce sont des équipes au chômage partiel, des embauches gelées, des apprentis que l'on ne prend pas, des sous-traitants et des fournisseurs locaux privés de commandes. Ce sont, au bout de la chaîne, des salaires et des revenus en moins pour des milliers de familles azuréennes, et autant de consommation en moins pour nos commerces de proximité. »
« Freiner la commande publique, c'est frapper l'emploi et le pouvoir d'achat de notre territoire », insiste-t-il. Pour lui, la nouvelle équipe municipale doit en assumer la responsabilité. Il affirme que « les marchés ont été passés. Les crédits ont été inscrits au budget. Les entreprises sont prêtes et ne demandent qu'à travailler ». Il ne manquerait « qu'une chose : la décision de lancer les travaux ».
Une décision politique en suspens
La question de la volonté politique de lancer les travaux reste pour l'heure en suspens. Cette interpellation intervient alors que plusieurs projets majeurs de la mandature précédente sont à l'arrêt, suscitant l'inquiétude des acteurs économiques locaux. Les réponses d'Éric Ciotti et de sa majorité sont attendues pour clarifier l'avenir de ces chantiers et leurs conséquences sur l'emploi et la sécurité dans la région niçoise.