Monoprix à Grasse : 68 ans de souvenirs et d'émotions partagées
Monoprix à Grasse : 68 ans de souvenirs et d'émotions

À Grasse, Monoprix n'est pas qu'une enseigne commerciale. C'est un décor familier, un repère affectif, un lieu où plusieurs générations ont grandi, travaillé et aimé flâner. Alors que le magasin s'apprête à changer d'emplacement dans le cadre du projet Martelly, les Grassois racontent ce que Monoprix représente pour eux, dessinant une véritable histoire collective.

Des souvenirs d'enfance et d'adolescence

Pour Éric, Monoprix évoque d'abord un parfum d'adolescence : « J'y allais pour acheter des livres et des disques. C'était mon magasin préféré. » Ses souvenirs remontent encore plus loin, à l'enfance, lorsqu'il y venait avec sa mère et sa grand-mère. « À l'entrée, il y avait une voiture mécanique. Pour un franc, ça me secouait pendant cinq minutes. J'adorais ça », se souvient-il en souriant.

Pierre, lui, se rappelle le premier Monoprix, place de la Foux, à l'emplacement actuel du théâtre. « L'escalator... pour nous, les gamins, c'était une attraction ! » Il revoit les enfants monter et descendre sans fin, fascinés par cette modernité. « On n'avait jamais vu ça. On venait presque plus pour l'escalator que pour les courses. »

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La cafétéria, point de ralliement des jeunes

Myriam appartient à la génération du Monoprix de la place du Patti, ouvert en 1970 dans l'ancienne usine Bruno Court, elle-même installée dans les murs de l'église des Cordeliers du XIIe siècle. « Moi, c'est la cafétéria qui me revient. On s'y retrouvait après le collège, avant de prendre le bus. C'était notre point de ralliement. On se sentait grands, libres », raconte-t-elle, évoquant les plateaux, les rires et les confidences d'adolescents.

Une « vraie famille » pour les employés

Odette, ancienne salariée, garde un souvenir ému de son travail au rez-de-chaussée, à la parfumerie. « Beaucoup d'employées sont restées jusqu'à leur retraite. C'était une vraie famille », dit-elle. Elle se souvient notamment de la responsable du groupe Fantaisie, surnommée « Chef », une personne toujours à l'écoute, qui travaillait avec elles et les formait, notamment pour les aménagements de la terrasse à la rentrée ou à Noël.

Karine, elle, y a fait ses armes comme étudiante. « J'ai fait de tout : remplir les rayons, du secrétariat... jusqu'à remplacer la secrétaire de direction. » Elle en garde une gratitude profonde : « C'était une expérience formidable. Ça m'a permis de connaître la vie d'une entreprise, de sortir de ma bulle universitaire. Ça m'a mis les pieds sur terre. »

Un nouveau chapitre en octobre

Aujourd'hui, le Monoprix s'apprête à déménager de quelques mètres pour s'installer dans les anciens locaux de Montlaur puis de Babali. Les travaux avancent et l'ouverture est annoncée pour octobre. L'ancien magasin reste ouvert, pour le plus grand soulagement des habitués. À écouter les Grassois, une chose est sûre : Monoprix n'est pas près de quitter leur cœur. Il fait partie de leur ville, de leurs vies, de leurs souvenirs, un fil rouge qui traverse les générations.

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