Les négociations entre l'Iran et les États-Unis, entamées le 22 juin 2026 en Suisse, montrent déjà des signes de tension malgré un protocole d'accord en 14 points signé le 18 juin. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a affirmé ce jeudi 25 juin que l'accord ne se ferait pas « à n'importe quel prix », alors que Téhéran veut maintenir un contrôle sur le détroit d'Ormuz et instaurer des droits de redevance. Une nouvelle réunion technique est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse.
Les inspections des sites nucléaires iraniens en débat
Le point le plus saillant reste le programme nucléaire iranien. L'accord prévoit que l'Iran « ne se procurera ni ne mettra au point d'armes nucléaires » et s'engage à diluer ses stocks d'uranium enrichi, en échange d'une levée des sanctions américaines. Cependant, le président iranien a déclaré dimanche qu'il « ne renoncerait jamais » à son droit d'enrichir l'uranium à des fins civiles, selon le New York Times.
La question des inspections par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) est également tendue. Donald Trump a affirmé mardi sur son réseau social que Téhéran avait « pleinement et entièrement » accepté les inspections, mais l'Iran a démenti, indiquant qu'il n'était « pas prévu » que les inspecteurs se rendent sur les sites d'enrichissement. Le directeur de l'AIEA a toutefois déclaré mercredi que l'agence retournerait sur les sites, sans urgence, selon CBS News.
Le détroit d'Ormuz, un enjeu crucial
La réouverture du détroit d'Ormuz reste un point d'achoppement. Les gardiens de la révolution ont menacé jeudi les navires transitant sans leur aval de « mesures appropriées ». L'Iran veut imposer des droits de redevance, ce que les États-Unis rejettent. Marco Rubio a réaffirmé depuis Bahreïn qu'« aucun pays au monde » ne soutient cette idée. Le protocole stipule que l'Iran « mettra tout en œuvre pour assurer, sans frais et pendant 60 jours uniquement, le passage en toute sécurité des navires commerciaux », mais les modalités restent floues. Le baril de Brent est redescendu à environ 72 dollars ce jeudi, son niveau d'avant-guerre.
La gestion des avoirs dégelés
Le protocole prévoit le dégel des avoirs iraniens et des sanctions américaines. Selon le New York Times, l'ambassadeur d'Iran à l'ONU a déclaré qu'une première tranche de 6 milliards de dollars était en cours de déblocage. Mais l'Iran insiste pour décider seul de l'usage de ces fonds, tandis que JD Vance propose une supervision par les États-Unis, le Pakistan et le Qatar. Téhéran refuse ces conditions, risquant de durcir le dialogue.



