Ce jeudi 25 juin 2026, une vingtaine de salariés du Foyer de vie pour adultes handicapés Font Clovisse, géré par la Croix-Rouge à Draguignan, se sont mobilisés à l'appel de la CGT dans le cadre de la journée nationale de grève dans la santé privée et le médico-social. Sur le parvis de l'établissement, ils ont fait du bruit avec des clochettes et des tubes en plastique colorés pour dénoncer leurs conditions de travail et le manque de reconnaissance.
Des revendications salariales et de reconnaissance
Les grévistes dénoncent des carrières bloquées, des métiers méprisés, des difficultés de recrutement et des conventions collectives obsolètes. Dans un tract distribué sur place, ils clament : « Assez du mépris ! Nos métiers valent mieux que des miettes. » Christiane Obradovic, déléguée syndicale et salariée de la Croix-Rouge, explique : « Il n'y a pas de reconnaissance du travail, on nous demande d'en faire de plus en plus et le personnel assume des tâches qui ne sont pas compatibles avec leurs diplômes. »
Elle ajoute que la valeur du point n'augmente pas, malgré la hausse du Smic. « Nous avons bien la prime Ségur, mais elle ne compte pas pour la retraite », précise-t-elle. Selon la déléguée, certains salariés sont contraints de prendre un deuxième emploi pour joindre les deux bouts, comme des éducateurs qui effectuent des missions d'intérim en complément.
Précarité et aides insuffisantes
La situation est proche de la précarité pour plusieurs employés. « Vous avez des gens qui sont au seuil minimum et n'arrivent pas à finir le mois. Ils sont obligés de prendre un travail à côté pour pouvoir s'en sortir », assure Christiane Obradovic. De plus, la prime essence destinée à compenser la hausse du carburant n'a pas été versée aux salariés de l'établissement. « Nous gagnons trop pour toucher les aides de l'État, mais pas assez pour vivre », s'insurge-t-elle.
Le témoignage de l'infirmière
Zohra Hammaoui, seule infirmière du foyer depuis son ouverture en 2011, témoigne d'une fatigue morale et physique. « Le covoiturage n'est pas toujours possible, les horaires ne correspondent pas. Même en faisant des efforts, c'est compliqué », lance-t-elle. Elle constate une augmentation des missions et de la paperasserie, au détriment du temps passé auprès des résidents. « On a moins de temps pour les résidents », regrette-t-elle.
Les salariés estiment que cette situation est contraire aux valeurs de la Croix-Rouge : humanité, impartialité, volontariat et unité. Ils appellent à une revalorisation de leurs métiers et à des mesures concrètes pour améliorer leurs conditions de travail et de rémunération.



